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TutoBar – © Hélène Jacob – 2022

TutoBar – Épisode 33 La typographie des dialogues (partie 1)

Salut, tout le monde, bienvenue dans le trente-troisième épisode de TutoBar ! Aujourd’hui, je vous propose un tuto de la catégorie « écriture », dans lequel je vais vous parler de la typographie des dialogues, c’est-à-dire de la bonne manière de les rédiger, en ce qui concerne leur mise en forme. Avant de commencer, petit instant promo, puisque j’ai le plaisir de vous annoncer que ma formation technique relative à la création des maquettes au format numérique et papier est maintenant totalement disponible ! Si vous avez suivi l’épisode spécial de mars, vous savez déjà que ça a été un très long chantier, qui s’est étalé sur dix-huit mois, et j’espère que vous

serez aussi heureux que moi d’apprendre que le 1er juin, j’ai mis en ligne la quinzième et

dernière partie du troisième module. Je suis très contente d’avoir enfin bouclé ce gros dossier et je vous en reparle brièvement aujourd’hui pour que vous ne ratiez pas la réduction de 30 % qui est toujours valable, jusqu’au 30 juin, pour les abonnés de la chaîne. Après cette date, le code promotionnel ne fonctionnera plus, donc si le thème vous intéresse et que vous êtes motivé pour vous former, ne passez pas à côté de cette offre de lancement. Je précise, car on m’a posé la question, qu’il n’y a pas de limitation de temps après l’inscription. Cela veut dire que vous pouvez rejoindre la formation maintenant, à prix réduit, et commencer à suivre le programme dans trois ou six mois, si vous le souhaitez. Votre accès est valable définitivement et le prix promotionnel inclut tous les éventuels ajouts et bonus ultérieurs. Et je confirme aussi que le paiement en plusieurs fois est bien prévu, quelle que soit la formule choisie. Bref, je vous renvoie vers l’épisode spécial 5, qui est consacré à ce sujet, si la question vous intéresse et que vous désirez en savoir plus sur la formation, son plan, les outils et la méthode pédagogique, ainsi que sur la promotion qui vous est réservée. Les liens et le code de réduction correspondants sont également disponibles dans la description ci-dessous. Je clos cette introduction et je passe au sujet du jour, que j’ai choisi pour deux raisons : – d’abord, parce qu’on me pose très souvent des questions relatives au thème de l’écriture des dialogues, – mais surtout parce que 90 % des textes que je reçois contiennent des dialogues qui ne respectent aucune norme et qui sont très mal rédigés, d’un point de vue technique. Et cela, que ce soit lors des dépôts de manuscrits pour la maison d’édition ou dans le cadre de nos prestations de services à la carte. C’est donc une question qui m’a paru importante et que j’ai envie de traiter ici.


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Alors, qu’on soit bien d’accord : il ne s’agit pas des dialogues sur le fond, c’est-à-dire du ton employé ou de la crédibilité de ce qui est raconté, mais bien de la façon dont ils sont rédigés dans le document. En d’autres termes, je vais vous parler de tirets cadratins, de guillemets, d’espaces insécables et de ponctuation. Et je vais me concentrer exclusivement sur les règles éditoriales relatives au français standard de France. Par conséquent, pour les écrits publiés dans d’autres pays francophones, il peut y avoir des exceptions ou des différences. Comme il y a beaucoup d’éléments à voir et qu’on m’a parfois reproché la longueur de certaines vidéos, je vais découper celle-ci en deux parties, afin que chacune ait une durée raisonnable. L’épisode 34 sera donc la suite directe de celui-ci. Afin d’illustrer mes explications théoriques, je vais partir d’un exemple de dialogue tout bête que j’ai rapidement rédigé pour l’occasion. Il contient quelques répliques très banales, échangées entre deux personnages, ainsi qu’une ligne narrative en plein milieu. Je vous les montre à l’écran, sans aucune mise en forme, à ce stade. J’ai simplement créé un nouveau paragraphe à chaque changement de locuteur. J’affiche les caractères habituellement masqués, pour que vous puissiez également voir les types d’espaces. Le dialogue est le suivant : J’ai faim, dit Pierre. Tu veux une pomme ? lui demanda sa femme. Non, je crois que je vais plutôt me faire un sandwich. T’en veux un aussi ? Il se leva pour ouvrir un placard. Marie soupira : J’aimerais bien, mais il n’y a plus de pain. Tu devais passer en acheter, ce matin. Mince, j’ai oublié ! répondit-il en regardant sa montre. La boulangerie ferme dans cinq minutes, je me dépêche ! ajouta-t-il en courant vers la porte. Comme vous le voyez, ce n’est vraiment pas le dialogue du siècle, mais ce qui est intéressant, c’est qu’on a de la narration au milieu, ainsi que des interrogations et exclamations. Nous allons donc pouvoir évoquer quelques situations particulières. D’abord, nous allons parler de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un dialogue, puis je vous montrerai les bonnes pratiques à adopter. Pour commencer, oubliez les caractères suivants, que je vous affiche à l’écran. Je les ai répartis entre les répliques et ils sont marqués en rouge. Vous avez les puces automatiques, qui sont généralement assorties de retraits de première ligne incorrects, les traits d’union et les tirets demi-cadratins. Je vois très souvent des textes qui utilisent l’une ou l’autre de ces mises en forme, et elles sont totalement à proscrire. Les puces automatiques ont d’autres usages dans certains types de documents, mais ne doivent pas être employées en dialogue. Le trait d’union sert exclusivement dans les mots composés, comme « peut-être ».


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Quant au tiret demi-cadratin, il est utilisé : – pour marquer les éléments d’une liste ; – pour encadrer des expressions incidentes au sein d’une phrase narrative, comme « Il trébucha en descendant du trottoir – il avait neigé et le sol était glissant – et évita miraculeusement la chute. » ; – pour séparer deux formules courtes, comme « Chapitre 1 – Les origines » ; – ou encore pour écrire les noms propres surcomposés, comme « Nord–Pas-de-Calais ». En résumé, retenez qu’on ne rédige jamais un dialogue qui commence avec l’un ou l’autre de ces caractères, puisque seul le tiret cadratin est valable en tant que marqueur de début de ligne, et je vais y revenir. Attention, certaines maisons d’édition récentes ont pris l’habitude d’utiliser des demi- cadratins à la place des cadratins, pour une raison qui m’échappe un peu, ce qui crée de la confusion entre les dialogues et les listes. Donc vous pouvez de temps en temps tomber sur un livre qui n’applique pas les bonnes normes, mais ça reste heureusement assez rare, et je vous conseille vraiment de ne pas suivre cet exemple. Ensuite, oubliez aussi tous les guillemets qui ne sont pas valables en français standard, pour un dialogue de premier niveau. Je parle : – des guillemets anglais simples ; – des guillemets de second niveau, qui sont en fait des guillemets anglais doubles (et je vais également revenir plus loin sur la définition de ce second niveau) ; – des guillemets droits ; – des crochets ; – des symboles « supérieur » et « inférieur » ; – et des apostrophes employées comme guillemets, alors que ce n’est pas du tout leur usage. Je précise que j’ai vu ces diverses manières de procéder dans de nombreux textes, donc je parle vraiment d’utilisations réelles, et plus ou moins fréquentes selon le cas. Le seul guillemet correct, en dialogue, mais aussi chaque fois que vous l’employez dans votre texte en premier niveau, est le guillemet français, qui est celui-ci. La paire est constituée d’un guillemet ouvrant suivi d’une espace insécable, et d’un guillemet fermant précédé de cette même espace. Je précise, pour ceux qui ne le sauraient pas, qu’en typographie, le terme « espace » est féminin. Normalement, si vous réglez bien votre Word ou autre traitement de texte en français, il doit vous proposer par défaut ce format-là, et pas autre chose. N’ajoutez pas non plus, pour les dialogues, de retrait de première ligne différent de celui qui est prévu pour la narration. Il ne doit y avoir aucun décalage vertical quand on compare les


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deux catégories de texte, ni d’espace avant ou après qui créerait du vide entre elles. Vous le voyez dans cet exemple réel : dialogues et narration s’enchaînent naturellement. Enfin, oubliez l’italique en tant que marqueur de dialogue, car il n’a rien à faire là. Son usage est également très précis et j’en parlerai probablement dans un épisode consacré à ce thème, mais retenez déjà qu’il n’a pas sa place dans un dialogue, sauf s’il s’agit d’un dialogue télépathique, ce qui est un cas de figure très particulier. En résumé, pour marquer les lignes de dialogue, on emploie une écriture sans italique et on ne doit y retrouver que des tirets cadratins et/ou des guillemets français de premier niveau, voire de second niveau, dans quelques situations spécifiques qui nécessitent les deux types de guillemets à la fois. Car vous allez voir que trois options s’offrent à vous, pour une rédaction correcte de vos dialogues. – La première approche : n’utiliser que des guillemets. – La deuxième approche : n’utiliser que des cadratins. – La troisième approche : utiliser une combinaison des deux. Je commence par la dernière possibilité. Je trouve qu’elle n’apporte pas grand-chose, mais c’est une façon de faire qui est techniquement acceptée, donc vous pouvez tout à fait vous en servir. Pour notre exemple de dialogue, que j’affiche maintenant, cela donnerait donc : un guillemet ouvrant pour la première ligne, une succession de cadratins, et un guillemet fermant à la fin du dialogue, juste après le point d’exclamation. « J’ai faim, dit Pierre. — Tu veux une pomme ? lui demanda sa femme. — Non, je crois que je vais plutôt me faire un sandwich. T’en veux un aussi ? Il se leva pour ouvrir un placard. Marie soupira : — J’aimerais bien, mais il n’y a plus de pain. Tu devais passer en acheter, ce matin. — Mince, j’ai oublié ! répondit-il en regardant sa montre. La boulangerie ferme dans cinq minutes, je me dépêche ! » ajouta-t-il en courant vers la porte. Comme vous le voyez, cumuler les guillemets et les cadratins revient à suivre une logique « ceinture et bretelles ». Vous pouvez le faire, mais c’est une méthode qui est finalement employée de façon modérée, quand on consulte toutes sortes de romans, y compris des éditions anciennes de titres publiés il y a plus d’un siècle. Ensuite, entre les deux autres approches, celle que j’aime le moins est la méthode des guillemets seuls, et c’est aussi la moins courante des deux, dans l’édition professionnelle.

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