L’extrait de La nature, écrit en 1874 par John Stuart Mill, un philosophe britannique, porte sur le rapport entre la nature et l’art humain et qu’il en résulte deux ordres de production : les productions de la nature et les productions humaines. Ce texte répond à la problématique suivante : En quoi l’action humaine est- elle futile au sein de l’équilibre naturel ? J. Mill énonce deux thèses qui se contredisent. La première est présentée pour être contredite. Elle explique que la nature est « parfaite » et donc toute action de l’homme n’est pas nécessaire, voire serait une violation d’un ordre naturel, peut-être même une infraction. La deuxième thèse est contraire : L’art humain fait face à la nature comme ennemi et cela implique qu’il faut soumettre les voies de la nature. L’idée est que quiconque admirant les constructions humaines, soit la population mondiale, doit de fait de ne pas considérer la nature comme un modèle moral ou utile. La nature n’est ni « parfaite » ni satisfaisante. Nous verrons dans un premier temps, le déroulement d’une action sur la nature, si cette action est portée de manière spontanée ou de manière intentionnelle et ce qu’il en suit. Puis nous verrons en quoi l’homme approuve l’application de l’art sur la nature, et que celui-ci se met ainsi directement en position hostile face à l’équilibre naturel. J.Mill énonce une première thèse selon laquelle la nature étant parfaite depuis ses origines, l’action humaine se verrait être inutile, voir même dégrader cet équilibre parfait : « Si le cours naturel des choses était parfaitement bon et satisfaisant, toute action serait une ingérence inutile qui, ne pouvant améliorer les
choses, ne pourrait que les rendre pires. » (l.1-2). La nature a été
créée de manière à respecter un équilibre naturel et on peut constater que l’action humaine ne fait que gêner voir dégrader cet équilibre par ses constructions, ses édifices et ses inventions qui font progresser peu à peu l’extinction de ce monde « parfait ». L’auteur défend l’homme uniquement dans le cas où il commet une action soumise à ses instincts. Cette action peut se traduire soit comme étant une « erreur » soit comme une « action spontanée » : « Ou, si tant est qu’une action puisse être justifiée, ce serait uniquement quand elle obéit directement aux instincts,
[…] qu’ils font partie de l’ordre spontané de la nature. » (l.2-5).
L’homme est défini comme un être vivant imparfait, qui comporte donc des erreurs d’où « l’erreur humaine », ces erreurs se traduisent par des actions spontanées qui poussent à un incident et est rarement intentionnel. Dans le cas où ces actions ne sont pas « nocives » pour la nature ou un autre être vivant, c’est une action qui est poussée par le désir, et souvent par un désir de curiosité.
Par ailleurs, l’homme étant conscient que la nature est déjà parfaite, il ne peut s’empêcher de remarquer selon lui des imperfections et de tenter de corriger celles-ci, ou de faire construire des édifices ou d’inventer des objets qui aideront
l’homme à se perfectionner et améliorer son mode de vie : « mais tout ce qu’on ferait de façon préméditée et intentionnelle serait une violation de cet ordre parfait. » (l.5-6). Cette thèse est contraire avec la précédente : si l’homme effectue des modifications parce qu’il pense qu’il est nécessaire de le faire, donc de manière intentionnelle, cela revient donc à dire que l’homme fait une critique de la nature et donc de modifier cet « ordre parfait ».
On remarque que toutes les inventions ou constructions faîtes par la main de l’homme sont admirés et approuvés par la population mondiale quand une action envers la nature a permis de créer quelque chose d’artistique ou d’utile par des moyens naturels : « Tout le monde déclare approuver et admirer nombre de grandes victoires de l’art sur la nature : […] son océan par des jetées. » (l.8-
12). Les monuments et édifices érigées par l’homme ainsi que des
inventions comme la construction de puits (l.10), l’extraction de pierres précieuses (l.10-11), ou le détournement de foudre par des paratonnerres (l.11) sont tous admirés par la population soit par la beauté du travail effectué, soit par son utilité. J.Mill explique aussi que ces grandes victoires de l’art sur la nature provient de l’homme si et seulement si il admet qu’il faut soumettre « les voies de la nature » et non pas de leur obéir : « Mais louer ces exploits et d’autres similaires, c’est admettre qu’il faut soumettre les voies de la nature et non pas de leur obéir » (l.12-13). L’homme a besoin de voir son travail félicité, a besoin de voir que la création de quelque chose d’artistique ou d’utile doit provenir de lui uniquement. Il veut montrer qu’il sait dominer la nature pour en tirer profit. L’homme fait ériger des constructions pour se protéger des catastrophes naturelles telles que les inondations (l.11), la foudre (l.11) et cela se traduit par une riposte directe de l’homme face à la puissance de la nature. En effet, toute action de l’homme envers la nature qui implique la modification de l’espace, la modification d’un
équilibre se traduit comme une attaque contre elle : « c’est reconnaître que les puissances de la nature sont souvent en position
d’ennemi face à l’homme,… » (l.13-17). Si l’homme se met à soumettre les voies de la nature, c’est qu’il se met directement en position hostile face à la nature. Donc lorsque l’homme décide de construire ou d’inventer, cela implique la mise en position hostile de l’homme face à la nature.
Comme nous l’avons vu dans le texte précédemment, si l’on admire le travail humain, cela revient à dire qu’on admet que la Nature présente des imperfections. Car à la base, la nature ayant été créée dans l’idéal de la perfection, l’action humaine ne ferait donc que dégrader cette perfection et démontrer qu’elle possède
des défauts : « Tout éloge de la civilisation, de l’art ou de l’invention revient à critiquer la nature… » (l.17-19). La Nature étant le pilier de toute chose vivante et présente sur Terre, a créé elle-même les ressources que nous humains avons extrait pour nos propres besoins. L’homme a juste transformé, modifié, assemblé des parcelles provenant de la Nature. Nous n’avons rien créé, nous avons emprunté, volé, prit à la Nature ce qui lui revenait de droit et on lui donnait en échange, des choses qui ne lui servent pas, des choses qui la pollue, des choses qui la tue. Ainsi sans la Nature, nos constructions n’existeraient point. Sans la Nature, nous n’aurions pas fait autant de progrès techniques et scientifiques. Sans la Nature, nous n’existerions pas. S’il y a des éloges à faire, elles s’adressent tout d’abord à la Nature qui a créé ce que l’homme a transformé.
Afin de conclure, John Stuart Mill nous dévoile une ébauche de sa thèse en premier lieu puis nous l’affirme à la fin de l’extrait que, selon lui, toute éloge de modifications, de constructions ou d’invention effectuées par la main de l’homme et non pas par la nature elle-même serait d’admettre que la Nature comporte des imperfections. Or la Nature étant perçue comme un espace parfait à l’unanimité, J.Mill contredit son idée en affirmant que quiconque admirant les constructions humaines doit de fait de ne pas considérer la nature comme un modèle moral ou utile. On peut croire que le texte de Mill peut être une critique de la philosophie de Rousseau, c’est-à-dire la critique de la culture et du progrès soit la perfectibilité. Et que l’homme est naturellement bon et qu’il se