Le colonel chabert honoré de balzac (1832) le colonel chabert

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Le Colonel Chabert Honoré de Balzac (1832)

Le Colonel Chabert est un roman écrit par Honoré de Balzac, paru pour la première fois en 1832.

Les personnages principaux

Le colonel Chabert

Le colonel Chabert est un ancien soldat décoré qui a été le héros d’épiques batailles napoléoniennes. Il a été déclaré officiellement mort par erreur sur un champ de bataille. Il a survécu aux pires horreurs et sa santé et son apparence s’en ressentent. Il rencontre l’avoué Derville afin de retrouver son nom, sa femme et ses biens.

Derville

Derville est un avoué talentueux, un travailleur passionné doté d’une grande bienveillance. Il accepte de se charger de l’affaire du colonel Chabert.

La comtesse Ferraud

La comtesse Ferraud est la veuve du colonel Chabert. Elle a épousé le comte Ferraud, qui aspire à devenir pair de France, et a deux enfants de lui. Lorsque le colonel Chabert réapparaît, elle est prête à tout pour conserver sa situation.

Le résumé de l’histoire

Un homme se présente à l’étude de maître Derville. Il prétend être le colonel Chabert, alors que ce

dernier a été déclaré mort et que sa femme a hérité de sa succession. Celle-ci est devenue la

comtesse Ferraud et est désormais mère de deux enfants. L’homme est dans un piteux état, il est

physiquement très amoindri et semble très faible. En ôtant son chapeau, sa perruque se soulève et

laisse apparaître une immense cicatrice sur tout son crâne. Il prend rendez-vous avec maître Derville.


Cet homme est bien le colonel Chabert. Il conte son histoire à Derville qui s’en émeut. Le soldat,

véritable héros, est tombé dans un combat à l’étranger et a survécu miraculeusement, en dépit de

centaines d’hommes lui étant passés dessus alors qu’il était à terre. Il s’est réveillé dans la fosse aux

morts et ses hurlements lui ont permis d’attirer l’attention d’une personne qui l’a recueilli et sauvé. Il

a été reconnu comme étant décédé par les autorités françaises, mais il a effectué des démarches

officielles à l’étranger pour prouver son identité. Ces documents attestent formellement qu’il est le

colonel Chabert, mais il n’a jamais réussi à les récupérer. Par la suite, personne n’a cru à son histoire,

sauf deux anciens soldats qui avaient partagé avec des lui des combats. Ayant tout perdu – son

identité, son argent et sa femme à qui il a pourtant fait parvenir des lettres — il est devenu mendiant

et est revenu comme il a pu en France.

Derville, touché par le discours et la vie de cet homme, accepte de l’aider. Il lui propose

généreusement des avances pour qu’il puisse bénéficier de meilleures conditions de vie. Le colonel

en est infiniment reconnaissant et l’espoir commence à renaître pour lui. Il est actuellement logé

dans des conditions de pauvreté extrêmes par un ancien soldat avec qui il a combattu.

Derville envoie des courriers internationaux pour récupérer les documents prouvant l’identité du

colonel. Il reçoit une notification indiquant qu’ils lui arriveront sous peu et que le colonel s’est en

effet présenté pour la réalisation de ces attestations. Les nouvelles sont ainsi favorables pour le

colonel et Derville lui rend visite. Il lui explique ce qu’il peut réellement effectuer pour lui, compte

tenu de ce qui reste de sa succession et des procédures à engager. Les deux mariages de la comtesse

étant valables, et la loi ne prévoyant rien pour un homme vivant déclaré mort, le second mariage

l’emporterait sûrement en raison de la présence d’enfants. Il conseille au colonel de s’épargner des

procès coûteux et longs et d’aller voir lui-même la comtesse pour obtenir un arrangement. Le colonel

est déçu, mais prend conscience qu’il s’agit de sa meilleure option. Il accepte que l’avoué procède de

la sorte.

Derville songe aux différents moyens de pression qu’il pourrait employer pour faire céder la

comtesse. Après réflexion, il saisit avec subtilité son point faible. Le comte a fait entrer son épouse

dans la haute société parisienne, mais elle ne peut l’aider à atteindre son objectif de devenir pair de

France. S’il venait à conquérir la fille d’un sénateur, il y parviendrait bien plus aisément, et la

comtesse a bien conscience de cette menace qui plane sur son couple et sa fortune.

Derville se rend chez la comtesse et amène lentement son discours vers ce sujet. La comtesse laisse

vite tomber son masque, alors qu’elle prétendait initialement n’avoir que faire d’un faux colonel. Elle

accepte de se rendre à l’étude pour ne pas voir son mariage actuel menacé par ce scandale.


Derville invite ainsi la comtesse et le colonel Chabert à venir signer un acte à son étude dans des

pièces séparées. La comtesse refuse l’arrangement proposé par l’avoué. Soudain, le colonel Chabert

entre. Il crie son identité et la prouve à sa femme en dévoilant avec rage qu’il l’a prise au Palais-

Royal. La comtesse a désormais la certitude qu’il s’agit bien de son mari. Elle s’enfuit. Le colonel

quitte le cabinet, dépité. La comtesse le retrouve ensuite discrètement et le fait monter dans sa

voiture, en direction d’une de ses demeures.

Elle l’y invite et se démène durant plusieurs jours pour l’attendrir, notamment en utilisant ses

enfants, dans le but de lui faire signer un acte rédigé par son secrétaire. Le colonel, doté d’un grand

cœur, se prend au jeu de son épouse. Il comprend qu’elle ne l’aime plus et qu’elle ne puisse plus lui

donner ce qu’il attend. Il accepte de devenir pour elle une sorte de parent et de faire au mieux de ses

intérêts afin de lui épargner un quelconque scandale. Alors que le secrétaire de la comtesse veut lui

faire signer un acte le désavantageant complètement, il refuse net et s’en va. Le secrétaire prévient

la comtesse qui lui fait part de ses réelles intentions, c’est-à-dire tenir le colonel pour conserver sa

vie actuelle. Le colonel qui était à proximité d’eux sans qu’ils le sachent, entend la trahison et gifle

violemment l’homme. Il est tellement déçu et bouleversé qu’il affirme qu’il n’exigera rien de la

comtesse et qu’il la laissera tranquille. Elle se jette à ses pieds et il lui ordonne de ne pas le toucher. Il

ne sera désormais qu’un pauvre homme dénommé Hyacinthe.

Quelques mois plus tard, Derville, n’ayant aucune nouvelle du colonel et de la comtesse, suppose

qu’ils ont opté pour un arrangement. Il envoie un courrier à la comtesse pour qu’elle lui rembourse

les sommes avancées au colonel. Elle lui fait répondre qu’il ne s’agissait pas du colonel Chabert et

qu’elle ne lui doit donc rien.

En se rendant au Palais, Derville tombe par hasard sur le colonel Chabert. Le colonel, appelé

Hyacinthe, est jugé en raison de son extrême pauvreté. Derville demande à pouvoir le rencontrer, ce

qui lui est accordé. Il fait part au colonel de la situation. Le colonel est outré que la comtesse ne l’ait

pas payé et ait pu prétendre cela. Il lui écrit un courrier qu’il charge à Derville d’envoyer. Derville sera

remboursé à la suite de cette missive.

Plusieurs années plus tard, Derville et un collaborateur croisent par hasard le colonel dans un

hospice. Derville précise à son collègue que ce vieil homme a vécu une vie sortant de l’ordinaire. Ils

lui rendent visite. Le colonel semble retomber en enfance en mentionnant des aventures diverses,

mais un de ses compagnons indique qu’il a encore parfois quelques vestiges de sa grandeur passée.


Derville évoque avec son collaborateur leur métier. Il l’informe qu’il a assisté aux pires méfaits, que

même la justice ne pouvait dénouer, entre personnes de même famille. Il indique qu’il se retire à la

campagne, écœuré par Paris.

Le thème abordé

La dignité

La dignité du colonel Chabert est au centre de ce roman balzacien. Tout d’abord, le colonel est un

homme détruit, qui a perdu son identité, alors qu’il a été un grand homme. Il doit d’abord se battre

pour prouver qui il est réellement, ce qui l’épuise. Il avoue même à Derville qu’il serait plus simple

pour lui d’avoir perdu la mémoire. Cet homme devient un misérable mendiant que tout le monde

croit fou et il doit lutter pour retrouver sa dignité. Dans cette optique, il part rencontrer Derville.

L’avoué est d’accord pour l’aider et cette réponse fait renaître l’espoir chez le vieil homme. De

surcroît, en retrouvant son identité le colonel Chabert désire aussi reconquérir sa femme et ses

richesses qui se sont envolées. Blessé par l’absence de réponse de son épouse, désemparé face à

l’impossibilité de faire comprendre qui il est, l’intervention de Derville peut enfin lui permettre de

redevenir celui qu’il a été. Lorsque sa femme l’amène dans sa propriété, sa bonté l’entraîne à

envisager de ne pas faire d’éclats et de ne pas réclamer ce qui lui est dû à celle qu’il a aimée. En

adoptant cette attitude, véritable sacrifice personnel inspiré par de nobles sentiments, il se montre

d’une extrême dignité. Pourtant, si le stratagème de la comtesse avait fonctionné, le colonel n’aurait

gagné que le mépris de celle-ci, en dépit de sa bonté de cœur. Quand il apprend la supercherie, il

réalise ce terrible constat. Il en est tellement meurtri qu’il décide de ne rien lui demander et de ne

pas se battre pour son identité et ses biens. Il lui annonce ceci en la regardant droit dans les yeux et

en lui précisant qu’il ne la maudit pas, mais qu’il la méprise. Il ne veut plus rien d’elle et remercie le

hasard d’avoir pu voir clair dans son jeu. Il disparaît et elle, complètement indigne, se jette à ses

pieds et se sent soulagée qu’il en reste là. Le colonel tiendra ainsi sa promesse jusqu’à la fin de sa vie.

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