Le Bal du comte d’Orgel Raymond Radiguet (1924)
Le Bal du comte d’Orgel est un roman dont l’action se déroule en région parisienne, peu après la Première Guerre mondiale, dans les années 1920. Il a été écrit par Raymond Radiguet et est paru pour la première fois en 1924, quelques mois après sa mort. Le texte a ainsi été relu et corrigé, mais il demeure impossible de savoir comment l’auteur aurait tenu compte de ces modifications.
I. Les personnages principaux
François de Séryeuse
François de Séryeuse est un jeune noble de vingt ans. Ses relations avec sa mère sont bonnes, mais le plus souvent distantes en raison d’une certaine maladresse. Spontané, insouciant et naturel, de Séryeuse plaît souvent à son entourage sans avoir à forcer ses traits. Il se lie d’amitié avec le compte d’Orgel et s’éprend de sa femme.
Anne, le comte d’Orgel
Anne d’Orgel est un noble qui a pour épouse Mahaut. Frivole, joueur et habile, il jouit de son statut avec amusement et apprécie la présence de son entourage pour parader et observer les comportements l’entourant. Il aime tellement la compagnie de François de Séryeuse qu’il se met à le fréquenter et à l’inviter avec assiduité.
Mahaut, la comtesse d’Orgel
Mahaut d’Orgel est l’épouse d’Anne d’Orgel. Belle et naturelle, cette noble apprécie avant tout les plaisirs simples de la campagne. Elle voue une tendresse sincère et fidèle à son mari,
mais va, malgré elle et sans s’en rendre compte, tomber amoureuse de François de Séryeuse.
Paul Robin
Bien que Paul Robin soit un ami de François de Séryeuse, il en est souvent jaloux. Arriviste fasciné par le prestige, il agit toujours en sorte de paraître à son avantage et de fréquenter les personnes pouvant le faire parvenir. Il cache fréquemment à François ses sorties pour qu’il ne puisse pas en bénéficier avec lui.
II. Le résumé de l’histoire
Mahaut d’Orgel est une descendante des Grimoard de la Verberie. Cette famille a choisi de s’exiler en Martinique lorsque Louis XIII s’est appliqué à affaiblir la noblesse féodale. Par la suite, leur descendante Mahaut est née sans recevoir un grand amour de la part de sa mère. Sa famille est revenue habiter en France en 1902. Elle se maria avec joie à dix-huit ans avec le comte Anne d’Orgel, qui en avait trente. Anne étant un homme habile, il est difficile d’établir d’où vient son rang, mais il a vite su faire oublier cette interrogation grâce à son talent et son assurance mondaine. Paul Robin et François de Séryeuse se rendent au cirque Medrano. En apprenant la présence du comte d’Orgel et de sa femme, Paul s’éclipse rapidement pour paraître publiquement à leurs côtés. Alors que François en profite pour rendre visite aux clowns, il tombe par hasard sur le comte et son épouse. Ils ne se connaissent encore que peu, mais conviennent par amusement de conter à Paul qu’ils sont amis de longue date, après avoir raillé son attrait pour ses diverses cachotteries. Paul les retrouve, à sa grande surprise, accompagnés par François. Ils décident de se rendre ensemble à Robinson à une fête. Ils y croisent deux de leurs connaissances : la princesse d’Austerlitz et l’Américaine Hester Wayne. Piètre danseur, François demeure assis toute la soirée. Hester Wayne reste à ses côtés, séduite par lui, ce qui n’est pas le cas de François qui admire la prestance des d’Orgel en train de danser. Il suppose leur amour réciproque, mais autant celui de Mahaut est sincère et pur, autant celui de son époux vit plutôt au travers du reflet qu’elle lui renvoie.
À la fin de la soirée, Paul rentre par calcul avec la princesse d’Austerlitz et Hester Wayne et François avec les d’Orgel. Anne propose à François de le retrouver à déjeuner chez eux dès le lendemain. Dès le début de cette deuxième rencontre, Anne n’a de cesse de parler. François, qui n’apprécie généralement pas les bavards, se plaît pourtant à écouter le comte. Un feu de bois brûle dans la cheminée de la maison et elle évoque au jeune homme la campagne. Il fait part de cette pensée et Mahaut y répond avec empressement. Peu habituée à exprimer son attrait dans ce domaine et toujours en retrait de son époux, Mahaut relate avec ardeur sa passion pour les paysages champêtres. François et Mahaut échangent gaiement sur ce centre d’intérêt commun devant Anne qui est surpris d’observer cette facette inconnue de son épouse. Le comte est spectateur d’une conversation, ce qui représente une première pour lui. Paul et François se retrouvent et dialoguent. Paul lui raconte qu’il a raccompagné les deux femmes et qu’il a consolé Hester Wayne, qui semblait déroutée par sa rencontre avec François. Elle lui a dit que les Français étaient tous les mêmes et qu’ils ne pensaient qu’à une chose. François se garde bien d‘exprimer qu’elle lui a fait la cour, en vain, toute la soirée. Tandis que Paul se cache d’avoir couché cette nuit-là avec l’Américaine. Il se sent fier d’avoir triomphé de la sorte sur François, ignorant que la jeune femme a plutôt agi ainsi par dépit. François et les d’Orgel continuent de passer beaucoup de temps ensemble. Alors que François saisit avec effroi son amour grandissant pour Mahaut et son amitié pour Anne, Mahaut se nie à elle-même l’évidente réciprocité par fidélité envers son époux. Son esprit use de différents stratagèmes pour la laisser dans l’incompréhension face à ses réactions qu’elle sait pourtant inhabituelles. Lors d’une entrevue où François présente les d’Orgel à sa mère, Anne constate avec un enthousiasme exagéré que François et Mahaut sont de lointains parents. Cette nouvelle confirme au jeune homme que son désir pour la comtesse n’est pas le fruit du hasard. François est troublé par son envie que sa mère remarque son attirance pour Mahaut et comprenne son dilemme impliquant de ne pas trahir son ami. Sa mère lui dira plus tard qu’elle apprécierait d’avoir une belle-fille telle que la comtesse.
En rentrant d’une soirée, François laisse involontairement son bras contre Mahaut en voiture. Ils en ressentent une grande honte, mais n’en font pas état. Désabusé par sa maladresse, François se décide à agir de manière identique, mais de façon volontaire. Alors qu’il installe son bras contre la comtesse, il sent celle-ci gênée et interprète avec désarroi que ses sentiments ne sont pas partagés. Il est, de plus, honteux d’avoir affiché de la sorte cet amour interdit. Mahaut ne sait que faire. Elle évoque cet incident à son époux, mais Anne ne s’en soucie guère et oublie vite ce geste. François veille à être d’autant plus courtois avec Mahaut qu’il a conscience d’avoir été trop loin. Il s’arrange également pour ne plus rencontrer le couple en compagnie de sa mère, car la remarque flatteuse de celle-ci sur Mahaut le perturbe. Il craint que ses sentiments ne puissent apparaître au grand jour. Cependant, en se promenant, ils croisent par hasard Mme de Séryeuse, alors que d’après les dires de François elle ne pouvait se trouver avec eux pour la journée. Seuls François et Mahaut la voient, et cette dernière garde le silence à ce propos. Une servante des d’Orgel apporte un courrier à François, elle fait part à tous de la grande ressemblance entre François et Mahaut. François est de plus en plus mal à l’aise et Mahaut remarque non seulement qu’elle cache des choses, mais que cette ressemblance lui est particulière. L’été arrive et François se résout à partir seul dans le Pays basque en espérant retrouver plus tard les d’Orgel. Le comte et la comtesse s’en vont à l’étranger. Paul rend visite à François et les deux hommes s’épanchent avec sincérité sur leurs tourments. François avoue ses sentiments pour Mahaut et Paul explique avoir eu comme maîtresse Hester Wayne et y avoir perdu une autre jeune femme. À leur retour à Paris, François rend visite aux d’Orgel, mais Mahaut est seule. Ils sont tous deux embarrassés d’être sans Anne. La comtesse montre des photos de ses vacances à François qui la questionne sur une femme qu’il trouve jolie. Mahaut ressent une profonde jalousie. Elle finit par réaliser qu’elle est également amoureuse du jeune homme. Doutant sur le comportement à adopter, elle décide d’écrire une lettre à Mme de Séryeuse en relatant ses sentiments pour son fils et en lui demandant de lui interdire de revenir à leur rencontre, afin qu’elle ne cède à aucune tentation. Mme de Séryeuse lui répond favorablement, mais quand elle retrouve son fils son trouble l’emporte. Elle apprend à
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