Les amours jaunes de corbière « le crapaud » ____________________

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Les amours jaunes de Corbière « Le crapaud »

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Texte :

Un chant dans une nuit sans air… La lune plaque en métal clair Les découpures du vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif, Enterré, là, sous le massif… – Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

Un crapaud ! – Pourquoi cette peur, Près de moi, ton soldat fidèle ! Vois-le, poète tondu, sans aile, Rossignol de la boue… – Horreur ! –

… Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ? Vois-tu pas son oeil de lumière… Non : il s’en va, froid, sous sa pierre. …………………………………………………………… Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.

Tristan Corbière, Les Amours jaunes, 1873

Éléments d’introduction et contexte :

Corbière : – poète méconnu du 19ème siècle – entre romantisme et symbolisme – laid, tuberculeux  autodérision comme masque – pas eu de succès de son vivant à l’inverse de son père – « Poètes Maudits »

Les amours jaunes :

unique recueil, aucun succès

« Le crapaud » : – connotations de laideur

Construction du texte :

Sonnet à l’envers : 2 tercets et 2 quatrains Mais vers spéciaux

 …….  – – –  […]

Octosyllabes Rimes suivies et rimes croisées


Les procédés rhétoriques et leur interprétation :

Procédés Interprétations

Paradoxe « Un chant dans une nuit sans air » (v.1) Effet étouffant, oppressant, nuit désagréable.

Jeu de mots « chant […] Sans air » (v.1)

Joue sur la polysémie du mot air : – Nuit sans air – Chant sans air Mélodie, chant brute

Pronom personnel indéfini « un chant » Le chant n’est pas identifié ou déterminé

Métaphore « La lune plaque en métal clair » (v.2)

Lumière vive, pas chaleureuse, idée de brutalité, aucune douceur.

Les termes « plaque » (v.2), « métal » (v.2) et « découpures » (v.3)

Connotations froides, inhumaines, tranchantes renforcées.

Antithèse « clair » (v.2) et « sombre » (v.3)

Environnement contrasté entre lumière et obscurité. Ombres angoissantes et mystérieux.

Anaphore « un chant » (v.1) Omniprésence du chant qui structure le poème.

Comparaison « comme un écho » (v.4)

écho = Identique mais déformer Indice de l’analogie entre le chant du poète et le chant du crapaud.

Connotation méliorative « vif » (v.4)

Il est réactif, vivant, alerte, le crapaud a des qualités (il n’a pas que des défauts). Insiste sur l’exacerbation de sa sensibilité, il est à vif, écorché vif !

Métaphore « enterré » (v.5) Caché, connotations morbides comme un mort recouvert de boue : il n’a pas d’utilité.

Antithèse « enterré » (v.5), « vif » (v.4)

Le crapaud et le poète sont doubles : Vif dans sa créativité et mort dans son attitude. Analogie crapaud dans l’ombre, comme le poète.

Impératif à la 2ème personne du singulier « viens » (v.6)

Lance un défi à sa compagne : aller voir l’origine du chant. Marque aussi l’intimité entre les deux interlocuteurs.

Phrase nominale exclamative « Un crapaud ! » (v.7), « horreur ! » (v.10) + Phrase interrogative « pourquoi » (v.7), « horreur pourquoi » (v.11)

Stupeur mêlée de peur ressentie par la jeune femme lorsqu’elle identifie l’origine du chant. Elle le rejette alors que son locuteur utilise des interrogations pour marquer l’incompréhension face à cette réaction.

Place de la révélation « – Un crapaud ! – Pourquoi cette peur. » (v.7)

Le poème est à la fois original et respectueux de la tradition puisqu’il respecte la charnière. La question marque l’incompréhension.

Périphrase « ton soldat fidèle » (v.8)

Suggère qu’il la protège et le « ton » marque la possession et pose l’homme en prince vaillant, prêt à tout pour sa belle.

Assonance en [oi] Rappel le croassement du crapaud 


Harmonie imitative

Périphrase « poète tondu » (v.9) Recrée l’analogie entre le poète et le crapaud.

Synérèse « poète » (v.9) Mot original pour poète original.

Paronomase « sans aile » (v.9) ~ sans elle

Suggère de façon subtile que la jeune femme va le quitter. Intertextualité (clin d’œil d’un auteur à un autre) à Baudelaire.

Périphrase oxymorique « Rossignol de la boue » (v.10)

« Tu m’as donné de la boue, j’en ai fait de l’or. » Baudelaire. Résume toute la contradiction à l’œuvre aussi bien le crapaud que dans le poète, associant vie et mort, laideur et beauté, ombre et lumière. Le rossignol évoque la pureté et la beauté, un chant mélodieux alors que la boue connote la saleté et l’engluement au sol.

Allitération en [r] renforce le qualificatif donné à la femme pour le crapaud.

Ponctuation « Horreur ! » (v.10) De plus en plus dégoûté.

Evolution dans les pronoms « il chante » (v.11)

Progression dans le poème, ils peuvent identifié l’origine du chant.

Métonymie « son œil de lumière » (v.12) Insiste sur la luminosité et met en valeur l’intelligence du crapaud (de l’auteur).

« sous sa pierre » (v.13) Connotations morbides : il est caché, il a l’habitude d’être rejeté.

« Bonsoir » (v.14) Révélation de l’analogie, il se présente (il lève le voile) ou il dit adieu (il est vexé).

« c’est moi » (v.14) Forme d’accentuation, structure cyclique.

« ………………. » (entre v.13 et v.14)

Suspense, pour retarder le moment de la révélation et mettre en valeur la chute ou peut être interpréter comme une pause effectué pour écouter et savourer ce chant, dans une sorte de rêverie sereine et calme.

CL de la nature « lune » (v.2), « massif » (v.5), « vert sombre » (v.3), « rossignol » (v.10)

Semble mettre en place un cadre agréable, propice aux sentiments amoureux, à la promenade romantique.

CL de la mort « sous la pierre » (v.13), « enterré là sous le massif » (v.5), « froid » (v.13)

Le poète se considère mort ?

CL de la terre « de la boue » (v.10), « sans aile » (v.9)

Incapable de voler, de s’élever au dessus des autres, il est bloqué sur terre.

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