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Pierre et Jean, un roman naturaliste

Introducton

Pierre et Jean est un roman écrit par Guy de Maupassant et publié en 1888. Peut-on considérer

Maupassant comme un auteur naturaliste ? Oui et non. Il a tout d’abord rencontré Flaubert (Mme Bovary, L’Education sentimentale, …), qui lui corrigea ses premiers écrits et auprès duquel il apprit à rechercher « la vérité choisie et expressive », puis il a plus tard entretenu des relations amicales avec Emile Zola (les Rougon-Macquart, L’œuvre, …), père du mouvement naturaliste. Maupassant peut d’autre part être considéré comme un auteur naturaliste, grâce à la préface de P. et J. ou il écrit « Son but [au romancier] n’est point (…) de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des évènements. ». En efet, tout au long de son roman, c’est un style savamment simple, des notations brèves et aigües sur les décors et les personnages que l’on découvre.

En quoi Pierre et Jean est-il un roman naturaliste ? Nous le verrons en deux temps : d’une part à

travers le réalisme de l’environnement dans lequel les personnages évoluent, le souci du détail, et d’autre part à travers l’analyse rigoureuse que fait l’auteur des sentiments et relations entre ses personnages.

I) Des descriptons dans un souci de réalisme (environnement réel).

 Travail de mon collègue …

II) Une analyse scientfque des sentments et relatons.

Si Pierre et Jean est un roman naturaliste, alors son auteur est, selon Zola dans le roman

expérimental, « observateur et expérimentateur ». On a vu dans une première partie les descriptions d’endroits et d’activités (nt. la pêche) de façon réaliste, il était alors observateur. De par les relations qu’il instaure et les émotions qu’il décrit, il devient expérimentateur.

1) Personnages aux relatons ambigües.

Dans son roman, Maupassant nous présente une ribambelle de personnages aux caractères et aux

relations singulières. On y retrouve une famille symbolique de la bourgeoisie de l’époque, qui sert de «cobaye » à la satire que fait Maupassant.


Tout d’abord, les héros éponymes, les frères ennemis, Pierre et Jean. C’est l’évolution de leur

relation qui est le thème principal de l’œuvre. Cette relation peut être symbolisée par la phrase extraite du chap. I « Les deux frères (…) regardaient fxement devant eux, en des attitudes semblables, pleines d’expressions diférentes. » (p 81), on reconnait la similitude entre les deux avant de voir les diférences les plus subtiles. Il règne entre ces deux personnages une relation de franche rivalité notamment à travers « la chasse « à Mme Rosémilly, mais aussi de par leur attitudes l’un envers l’autre (Pierre est jaloux de l’héritage de Jean, et Jean veut toujours avoir le dessus sur son frère) ils ne se défnissent que l’un par rapport à l’autre et c’est la jalousie que mène cette relation. Au cours du roman on observe une inversion des rôles entre les deux frères : alors que c’est Jean qui attire (ou qui devrait attirer) toute l’attention avec l’héritage de Maréchal, c’est au contraire sur Pierre que l’auteur se penche et il va devenir l’élément central de l’intrigue. De plus les deux frères échangent leurs rôles dans le thème de la bâtardise : c’est Pierre qui est e fls légitime mais au fnal c’est lui qi sera exclu du foyer et de la vie de la famille (il ira même à l’étranger) à la fn du roman, seul l’avenir de Jean semble avoir de l’importance, Mme Roland ayant déjà fait le « deuil » de Pierre.

Mr Roland, qui occupe le devant de la scène à l’incipit du roman, est présenté comme « l’idiot du

village » : celui qui ignore tout de sa situation, ou qui s’il le sait, ne s’en montre pas moins bouleversé mis afche « un air satisfait de propriétaire » (chap. I) cette phrase symbolise la critique acerbe que fait Maupassant de la bourgeoisie et des personnes dont Mr Roland est le stéréotype. Mr Roland baigne dans l’ironie : il rit sans le savoir, de faits (l’échange de chapeaux a la naissance de Jean par ex.) qui refètent sa condition. Il n’est pas un personnage empli de qualités mais il attire inexplicablement la sympathie du lecteur, il n’est pas attentionné et ne regarde le monde qui l’entoure que pour y trouver des avantages personnels (l’héritage de Jean le réjouit car il compte sur la générosité de son « fls »). De plus, Mr Roland occupe une place particulière dans le récit : bien qu’il semble ne pas s’intéresser vraiment à « l’histoire », c’est lui qui, par des paroles dites au hasard, met en évidences les enjeux principaux du roman.

Mme Roland, quant à elle, est à l’antithèse de son mari. C’est elle qui est à l’origine et au centre du

secret familial, elle semble d’ailleurs plus proche de Jean que de Pierre, dans l’incipit, ils on la même attitude (le murmure, la discrétion, etc.) et elle ne va révéler le secret qu’à lui seul. De plus, Mme Roland a une attitude contraire à celle de son mari ; lors des scènes ou la famille est « en société » elle est discrète, fère, alors que son mari est bruyant, extravagant et souvent ridicule (scène de la pêche au ch. VI ; incipit -> opposition des verbes d’action : « cria » // « murmura »).

Enfn, le personnage de Mme Rosémilly, qui est une charnière, un objet. Bien qu’étant

manipulatrice et envieuse de l’héritage de Jean, elle n’en est pas moins l’objet de rivalité entre les deux frères. Chacun va essayer de la voler à l’autre, alors qu’elle n’a d’yeux que pour Jean (et la fortune qu’il représente). Elle n’est pas u centre du récit mais l’analyse de la scène de la pêche du ch. VI st l’une dans lesquelles Maupassant va analyser les sentiments et le comportement des personnages, avec une technique propre au mouvement naturaliste.

2) Des sentments analysés à la loupe.

Le roman Pierre et Jean est un roman d’analyse, en efet, l’auteur y décortique les états d’âme et

étudie les mécanismes des sentiments de ses personnages.

D’une part Maupassant transmet au lecteur les moindres humeurs des personnages, par des

procédés tels que l’utilisation du DIL « oui, c’était possible après tout » (ch. II) ; « ce devait être la plus mauvaise » (ch. III) : ici, ces deux citations se rapportent à Pierre et bien quelles semblent appartenir au


récit, ce sont en fait des pensées de Pierre, des jugements sur son environnement (la côtelette qu’on lui a laissé est d’après lui la plus mauvaise, il se sent isolé) ou sur sa propre humeur (la 2 ème phrase fait référence à l’héritage de Jean et son efet sur Pierre). Un autre procédé utilisé est l’intervention du narrateur, il juge un personnage ou un décor, rendant non seulement l’état d’esprit dans lequel se trouvent les personnages à ce moment-là, mais cette technique lui permet aussi de rendre plus crue et plus directe sa critique de la société bourgeoise, tout en créant une forte complicité avec son lecteur. Ex : « les quatre Roland se regardèrent, troublés par cette nouvelle comme le sont les gens de fortune modeste » (ch. I) le narrateur se place ici « au-dessus » des personnages et la suite du paragraphe (à lire) est une généralité, qui rend la famille banale, ordinaire. « Roland père y tenait beaucoup, afn d’impressionner les voyageurs de la Lorraine sans doute » (ch. IX) le « sans doute » montre que cette pensée ne vient pas de Roland lui-même, mais du narrateur, qui dévoile ainsi l’état d’esprit de Mr Roland : ses préoccupations ne sont pas le départ de son fls mais « d’impressionner la galerie » avec la Perle.

Outre le fait de transcrire les moindres sentiments de ses personnages, Maupassant a aussi à cœur

d’analyser l’évolution profonde d’un sentiment, d’une impression, d’un état d’âme. Il le fait en décortiquant méthodiquement, scientifquement, les pensées de ses personnages. Les deux meilleurs exemples de cette technique de diagnostic (que l’on pourrait retrouver chez Zola, mais sans notion de déterminisme ici) sont la promenade de Pierre au ch. II, et son départ à la fn du roman ou ce sont les sentiments de Mme Roland qui sont analysés. Dans le premier extrait, le cheminement physique que suit Pierre correspond au cheminement intérieur, à la découverte du pourquoi de son malaise. Il va s’analyser comme un patient, avec la rigueur du diagnosticien ou de la démonstration mathématique : thèse, validation, conclusion (héritage ? oui car… révélation de l’autre qui est en nous). De plus, son hésitation est retranscrite telle que le lecteur puisse la partager : « comme lorsqu’on a reçu quelque fâcheuse nouvelle » (ch. II) ; « ce désir de rencontrer quelqu’un pour n’être pas du même avis » (ch. II), et elle se clôt sur la découverte de « l’autre », l’être sensitif, celui que l’on ne veut pas être, qui il est profondément.

En ce qui concerne la scène de fn, l’auteur analyse le sentiment de malaise et de culpabilité de

sa mère, Mme Roland. Ce sentiment est exprimé à travers la description du bateau et de la fumée qui s’en échappe ; le bateau est « un monstre » gigantesque qui semble laisser la Perle dans l’ombre et avec elle, Mme Roland, et Pierre n’est plus qu’une « petite fumée grise, si lointaine ». Les mouvements de Mme Roland traduisent aussi son état moral : elle a un mouchoir sur es yeux et ne l’enlève qu’après une parole de Jean : cela signife que qu’elle accepte de regarder son fls partir, elle accepte la vérité mais cela l’attriste. Ce sentiment de culpabilité et de désespoir est renforcé par le contraste entre so attitude et celle de son mari : lui est joyeux, enthousiaste et comme toujours totalement hors contexte : il est étonné par la nouvelle du mariage et semble ne pas s’intéresser au départ de Pierre mais plutôt à la Lorraine. Enfn, Maupassant emploie des procédés tels que la gradation pour montrer une évolution dans les sentiments de son personnage : » il s’en allait, il fuyait ; il disparaissait ».

C’est ainsi, par de tels procédés, qu’il fait l’analyse rigoureuse des sentiments de ses

personnages.

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