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7 Cette déclaration nous montre une vrai peur, la peur, comme dit précédemment d’un peuple capable de remettre en cause les lois, mais aussi le travail, l’Etat … Ce qu’il faut éviter dans l’esprit de Le Chapelier. Ainsi, ces deux articles écrasent, purement et simplement, tous les travailleurs de France, lesquels pouvaient désormais être exploités, bafoués et maltraités à l’aise par la bourgeoisie d’affaire sans avoir le droit de se réunir entre eux, ni même celui de tenir le moindre registre exposant leurs doléances. De ce fait, cette loi n’est que le complément d’un décret du 2 mars sur la proposition de P. d’Allarde. Ce décret supprime les corporations, introduisant un changement radical dans l’économie.
B) Prohibition de la grève et des libertés populaires.
Orienté à l’origine contre les corporations afin de renforcer la liberté d’entreprendre, son extension à toute forme de rassemblement professionnel, la loi Le Chapelier met fin à toute possibilité de syndicats et grèves « se nommer ni président ni secrétaire […] sur leurs prétendus intérêts communs » article 2. De ce fait, cette loi réaffirme l’interdiction de rassemblement des ouvriers et l’illégalité des syndicats. Elle présente essentiellement la grève comme un délit répressible d’amende et de sanctions « 500 Livres d’amende et suspendus pendant un an de l’exercice de tous les droits de citoyens actifs et de l’entrée dans les assemblés primaires » article 3. Les assemblées dont il s’agit, sont destinés à procurer des secours aux ouvriers de la même profession, malades ou sans travail. Sans ces syndicats et la possibilité de faire grève les ouvriers se retrouvent dans une situation d’écrasement par les patrons. La loi Le Chapelier, qui interdit toute coalition de métier, pose le problème à la constitution des syndicats qui se trouvent dorénavant hors la loi et par cela, aucune organisation ne jouant le rôle de soupape de sécurité, aura pour conséquence la montée de conflits le plus souvent spontanée et violent comme la révolte des Canuts à Lyon en 1831 qui n’est qu’un exemple significatif. De plus, perçue auparavant comme une menace pour les privilèges aristocratiques, l’association est désormais considérer comme une entrave à l’épanouissement de la liberté. Dans l’esprit de cette loi, il ne s’agit pas de défavoriser le salarié, mais au contraire de lui permettre, sinon de fonder son propre atelier, chose impossible dans le régime rigide des corporations, tout au moins de vendre librement son savoir-faire au plus offrant.