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et bientôt le “danger impérialiste américain” sont aussi volontairement exagérés par Staline qui peut ainsi s’assurer un contrôle absolu en URSS et légitimer son totalitarisme. En fait, pour Staline, l’URSS a payé le plus lourd tribut à la guerre contre l’Allemagne, ses troupes sont très avancées en Europe, il compte bien monnayer ces avantages. b/ Et ceux des Etats-Unis : “l’obsession libérale et démocratique” On peut s’étonner de la facilité avec laquelle les E-U vont accepter toutes les revendications de l’URSS. Mais pouvaient-il vraiment s’y opposer ? Loin de leur base, l’armée rouge occupant tous ces pays… De plus, Roosevelt a voulu faire confiance à l’URSS et a toujours cru qu’il y aurait moyen de s’arranger. Churchill était beaucoup plus sceptique. De même Truman. Pour Roosevelt, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas l’expression vide de sens que lui prête Staline. Une des préoccupations principales de Roosevelt à Yalta est d’amener l’URSS à s’engager à procéder à des élections libres partout et à signer une déclaration sur l’Europe libérée. Au fil des rencontres, Roosevelt semble céder sur les questions territoriales à l’URSS afin que celle-ci donne des gages en matière de démocratie. Vaste marché de dupe qui engageait fort peu le chef du Kremlin. Ainsi, à Téhéran en 1943, Roosevelt accepte une modification de la frontière soviéto-polonaise contre une promesse de Staline d’organiser des élections dans les Etats baltes après la guerre. Contrairement à Staline qui aimerait partager le monde, Roosevelt entend partager le gouvernement du monde. D’où l’obsession de l’ONU sur laquelle Staline rechigne. Autre priorité pour les E-U : l’impératif libéral. Il n’y a pas que de l’”humanisme démocratique désinteressé” chez les Américains : il s’agit de mettre des démocraties libérales partout pour la paix, certes, mais aussi pour garantir l’extension de leurs principes, et notamment la liberté des échanges si indispensables à la 1ère puissance économique d’alors (que concrétient les accords du GATT en 1947). La réplique de leur système, qu’il ne doute pas être le meilleur pour l’épanouissement de l’homme, doit leur permettre de garantir leur mode de vie. A la vision régionale et autarcique de Staline, s’opposait donc celle plus ouverte et mondiale de Roosevelt.

2009/2010

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