Aller au contenu
b) La déterminante relation avec son oncle Bien que le choc de la mort de sa mère soit totalement inextinguible, notre héros doit continuer à vivre. Il habite désormais avec son oncle romanesque, personne qui déterminera le cours de sa vie future, lui inculquant le goût pour la rêverie et les voyages. Il le laissera ainsi se créer un monde meilleur le protégeant momentanément de la brutalité de sa condition, mais en altérant toutefois sa vision de la vie réelle ; » étant donné les difficultés que nous rencontrions tous deux dans le monde réel, il était sans doute logique que nous cherchions à nous en évader aussi souvent que possible » (page 16). En effet, le rêve est le moyen le plus célèbre pour échapper aux durs événements qu’impose le destin, mais dont les limites sont sombres et glissantes… Il est dangereux de trop vouloir échapper à la réalité car on perd vite le sens des responsabilités, toute ambition semble futile et puisque « rêver » apparaît comme une option alternative à la réalité, lui faisant totalement abstraction, rien ne sert donc de la combattre. Or cela ne résout aucuns problèmes, bien au contraire tenter de leur échapper revient juste à les faire empirés. C’est à cette période de sa vie que MS Fogg perd toute combativité, et subi sa vie comme un accomplissement du destin dont il est totalement vain d’essayer se soustraire. Réveillant ses traumatismes passés, la mort de son oncle l’ébranlera totalement le laissant encore une fois, et radicalement, seul. Cette perte montre la persévérance du mauvais sort contre Fogg, la destinée s’acharnant à l’arracher aux gens qui l’aiment, comme si elle poursuivait un but précis. Son oncle fut en effet le seul repère qu’il n’ait jamais eu. A nouveau le héros survit plus par chance que par volonté, entrant dans une sorte de léthargie patente. Ne vivant que des livres légués par son oncle, lui permettant de mieux le découvrir et de vivre comme lui à travers eux. Ces livres lui offrent l’impression de posséder encore une partie de l’âme de son oncle. Et pourtant, il n’hésitera pas à s’en débarrasser petit à petit, sans état d’âme, comme pour réfuter cette dépendance, se rebeller afin de montrer qu’il peut être quelque chose sans l’aide de rien ni personne. C’est en quelque sorte une émancipation personnelle et inéluctable. 20/29