Brisson claire


c) Son premier employeur Ce premier employeur est acrimonieux et se nommé T.Effing d’un jeu de nom caustique. Il prend un statut particulier dans la vie de notre héros, car il intervient après la période effroyablement noire qu’a du affronter MS, totalement orphelin et abandonné à lui-même dans la rue. Il prend ainsi un statut de renouveau, de sauveur exalté et conforté par la suite des événements. En effet, par un heureux hasard, s’opposant totalement aux fatalités précédentes, cet employeur se révèle être le grand père de Fogg ! Cependant du vivant de cet homme, notre héros vivra sa relation avec lui dans la complète ignorance de cette familiarité. Ainsi, il se retrouve entièrement dépourvu face à cette coïncidence étonnante, il vit enfin près de quelqu’un de sa famille avec qui il pourrait former une véritable cohésion, sans même le savoir et sans pouvoir apprécier cette relation à sa juste valeur. De plus, il est en parfaite opposition avec cet homme qui semble maîtrisé sa vie à la perfection, allant même jusqu’à planifier sa propre mort. Mort à laquelle MS jouera un rôle décisif, accentuant sa tragédie familiale puisqu’il y participe fatalement désormais. Jamais rien n’est laissé au hasard, tout est décidé, calculé à la minute près et affecté à une fin subtile par Effing, s’opposant de façon radicale à l’atonie, voir presque l’aboulie qui caractérise son petit fils. De fait, les sentiments qu’ils éprouvent l’un envers l’autre sont donc masqués et paradoxaux ; « en dépit de l’écoeurement qu’il m’inspirait parfois, je ne pouvais me défendre de le considérer comme une âme sœur » (Page 193). Cette coïncidence intensifie donc l’omniprésence du destin dans le développement de Fogg. Mais elle est plus profonde que ce simple rapprochement. En effet, certaines étapes de leurs vies se rejoignent de façon énigmatique. Effing a vécu seul dans une caverne, à la fois par nécessité mais aussi par choix, acceptant sa condition sans vouloir la combattre pour la changer. Quant à Fogg, il fut contraint « d’habiter » à central parc en pleine nature et sans le sou. Les deux protagonistes ont été livrés à eux-mêmes dans un territoire hostile et en proie à une véritable solitude, qu’ils semblaient pourtant supporter, voir d’une certaine manière, apprécier. Ainsi ils ont tout les deux, sous leur apparente opposition, plus que des doutes et des douleurs similaires, un passé commun. De plus, Effing apporte à son petit fils une vision différente de la réalité, lui enseignant grâce aux gestes les plus simples, l’immense valeur du poids des mots, de 21/29

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