Brisson claire


leurs sens et leurs subtilités. Il le pousse dans ses plus profonds retranchements, l’incite à raisonner différemment, à s’attarder sur les choses qui l’entourent ; ainsi il questionne Fogg en ces termes :  » êtes vous sûr d’être en vie, jeune homme ? Peut- être n’en avez vous que l’illusion ? » (Page 114). Par exemple, la rédaction d’une simple nécrologique prend des allures d’odyssée, pourtant difficile de ne pas croire, ayant finalement un but unique ; se faire connaître de cette famille déchirée, du fils comme du petit fils. Il lui fait voir les choses banales sous un angle extraordinaire, conférant à chaque objet une grandeur merveilleuse, l’aidant alors à supporter et apprécier sa condition avec laquelle il était en lutte inerte depuis les tragédies qu’il essuyé, et faisant naître une certaine complicité. Elle sera à son apogée au moment de la mort du vieillard, provoquée par leur épopée héroïque dans les rues New-yorkaises. Encore une fois, l’imaginaire, le coté enfantin et la volonté d’échapper à la fatalité de la providence domine cette expédition plus qu’une réelle générosité. d) La résurrection du père Le plus grand bouleversement pour Fogg est indéniablement la rencontre avec son père. Encore une fois, le héros côtoiera cet homme tout au long des années sans jamais apprendre son lien familial, le considérant, compatissant, comme un ami intéressé par le passé d’un père qu’il n’a pas connu. Ainsi, il se sentira d’abord trahi en apprenant la vérité ; « Maintenant que je l’avais retrouvé, la rupture interne était si violente que ma première réaction fut de refuser l’évidence » (page 305). Plus qu’une coïncidence cette fois-ci, c’est la dernière volonté d’Effing qui les a réuni. La providence lui a une fois de plus joué, un tour, car si elle ne l’a laissé profiter d’Effing en tant que grand père et qu’il ne saura la vérité sur sa filiation que bien après, il n’en est pas autant pour son père Salomon Barber. Mais la tragédie continue et à peine apprend-t-il la vérité sur leur relation que celui meurt d’une mort des plus renversantes… Cependant si on suit l’ordre chronologique, avec son père, il eu vraiment le temps d’apprendre à mieux le connaître, d’élaborer des projets sur les traces de leurs racines, d’un passé familial irrésolu. Son père est la clé de tout. C’est grâce à lui que Fogg pourra enfin connaître ses origines, l’histoire d’un père et d’une mère dont il n’a jamais pu profiter et percer le tabou de sa naissance. Il se repliera sur les livres, lisant ou écrivant, mais 22/29

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