Commission bancaire de l’afrique centrale ____________


242 I – PRINCIPES Les opérations libellées en devises engendrent un risque de dépréciation du patrimoine en cas de fluctuation des cours des devises : c’est le risque de change. Afin de bien mesurer l’exposition à ce risque, il est primordial que les opérations qui le génèrent, ou sont susceptibles de le générer, soient retracées dans leur devise d’origine. Aussi est-il indispensable de tenir une comptabilité équilibrée dans chacune des devises utilisées. Les contraintes de clarté et d’analyse de la comptabilité imposent par ailleurs une autonomie des ensembles « bilan/résultat » d’une part et « hors-bilan » d’autre part. Ceci conduit à comptabiliser la contrepartie des écritures en devises relatives aux opérations de change dans des comptes de position de change ouverts au bilan et au hors-bilan, libellées dans chaque devise. Par contre, les écritures en FCFA associées à des opérations de change sont enregistrées dans des comptes de « contre-valeur de position de change » également ouverts au bilan et au hors bilan. Les comptes « position de change » (ouverts en devises) et « contre-valeur de la position de change » (en monnaie locale) constituent en définitive des comptes de liaison entre les différentes comptabilités. La mesure de l’exposition au risque de change est obtenue, pour chaque devise, par sommation des comptes « position de change » du bilan et du hors-bilan. Un solde créditeur traduit une position « longue »2 tandis qu’un solde débiteur traduit une position « courte »3. Au sein de la comptabilité en FCFA, un établissement peut être amené, lors de l’arrêté des comptes, à constater des résultats issus de la réévaluation du hors-bilan, la préservation de l’homogénéité des blocs « bilan/résultat » et « hors-bilan » conduit alors, ici aussi, à recourir à des comptes de liaison intitulés « comptes d’ajustement sur devises » ouverts au bilan et hors-bilan. II – COMPTABILISATION DES OPERATIONS Les opérations de change comprennent les opérations de change au comptant, les opérations à terme et les opérations de prêt et d’emprunt de devises. Elles font généralement intervenir des comptes de hors-bilan. Les comptes de valeurs à recevoir (9711/9721- « FCFA achetés non encore reçus » et 9712/9722- « Devises achetées non encore reçues ») fonctionnent comme des comptes d’actif. Les comptes de valeurs à livrer (9713/9723- « FCFA vendus non encore livrés » et 9714/9724- « Devises vendues non encore livrées ») s’assimilent à des comptes de passif. Toute inscription dans l’un de ses comptes a pour contrepartie le compte 977- « Position de change hors-bilan » dans la comptabilité en devise et le compte 978- « Contre-valeur de la position de change hors-bilan » dans la comptabilité en FCFA. Le compte 9731- « Devises empruntées non encore reçues » et le compte 9732- « Devises prêtées non encore livrées » fonctionnent comme un compte d’actif pour le premier et comme un compte de passif pour le second.

2L’établissement de crédit dispose dans la devise concernée d’un avoir net qui engendrera en cas de hausse ou de baisse du cours de la devise, respectivement, un gain ou une perte de change. 3L’établissement de crédit est débiteur net dans la devise concernée. Il aura à supporter une perte ou un gain de change selon que, respectivement, le cours de la devise augmentera ou diminuera.

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