Le transport maritime est l’épine dorsale du commerce international et, par conséquent, de l’économie mondiale. En effet, 25 000 milliards de tonnes-km de fret parcourent les océans annuellement comparées à 7 000 pour le rail et 3 000 pour la route. Il s’agit de pas moins de 71% de tout le fret mondial transport. Comme les modes aériens et terrestres, le transport maritime évolue sur son espace propre: un espace à la fois géographique par ses attributs physiques mais aussi stratégique par son emploi. La notion de réseau maritime repose sur l’existence d’itinéraires réguliers, même si l’importance des routes maritimes varie selon le degré de développement économique. Les routes maritimes consistent en des couloirs de quelques kilomètres de largeur dont le pattern général cherche à contourner les discontinuités imposées par les masses continentales et autres propriétés des océans. De ce fait, ils sont fonction de points de passage obligatoires (qui sont aussi des espaces stratégiques), de contraintes physiques (cotes, vents, courants marins, profondeur, récifs, glaces) ainsi que des frontières politiques. Une part majoritaire du trafic maritime prend place le long des lignes côtières. D’ailleurs, trois continents ont un commerce fluvial limité (Afrique, Australie et Asie, hormis la Chine). De toute évidence, la physiographie du transport maritime est constituée de deux éléments majeurs : les rivières et les océans. II- LE TRAFIC MARITIME Le trafic maritime a évolué d’une façon remarquable durant les dernières décennies. Tout en établissant des liaisons intercontinentales, le transport maritime génère un trafic couvrant 90% de la demande de transport intercontinentale de fret. La force du transport maritime ne repose guère sur sa vitesse mais bien sur sa capacité et sur la continuité de son trafic. Le rail et la route sont incapables de supporter un trafic d’une telle échelle géographique et d’une telle intensité Les industries lourdes ont généralement tendance à s’agglomérer en des lieux adjacents aux sites portuaires. Le transport maritime a su tirer avantage de nombreuses innovations techniques, notamment au cours de ce siècle. Elles comprennent :
Infrastructures. La plupart des infrastructures maritimes sont le résultat de modifications des voies d’eau dans le but d’établir des routes plus directes (canaux et écluses). Cette stratégie est très onéreuse et entreprise seulement lorsque nécessaire. Les investissements sont aussi canalisés vers l’expansion des capacités de transbordement des infrastructures portuaires.
Vitesse. La vitesse moyenne des navires est d’environ 15 nœuds (1 nœud = 1 mile marin = 1.853 mètre), ce qui équivaut à 28 km/h. Les navires plus récents peuvent atteindre des vitesses de l’ordre de 25 à 30 nœuds (45 à 55 km/h).
Aérodynamisme et hydrodynamisme. L’objectif consiste à construire des navires dont la friction avec l’air et l’eau est à un minimum. La coque des navires les plus modernes est le résultat d’efforts considérables cherchant à minimiser la consommation d’énergie.