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Fiche de français n° 3, annexe 1 : L’ALLEGORIE Ce mot vient du grec « allêgoria », dérivé du verbe « allêgorein », » parler par figures », composé de « allos » autre et de « agoreuein » » parler (Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française ). L’allégorie consiste donc à s’exprimer en d’autres termes que ceux attendus, c’est un type d’écriture très symbolique (CP). « Faire une allégorie, c’est décrire ou raconter quelque chose avec l’intention de signifier tout autre chose. L’image ou le texte allégoriques présentent toujours un sens immédiat cohérent,

mais ils trouvent leurs sens intentionnels dans un second degré globalement symbolique. » (weblettres)

1) Au sens restreint On appelle « allégorie » la représentation d’une idée abstraite par une image (au sens littéraire) ou un tableau ou un être vivant qui en est le symbole . Elle concrétise une idée abstraite. Ex. : La Justice, représentée par une femme, les yeux bandés, tenant d’une main un glaive et de l’autre une balance ; Mars, allégorie de la guerre ; le crâne, allégorie de la mort), un sentiment (l’Amour), une passion (la Colère), un force de la nature (la Tempête) Elle se signale souvent à l’attention du lecteur par une majuscule : l’Amour, la Mort. (AB) Ex. : « …l’Espoir / Vaincu, pleure et l’Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. » (Baudelaire) N.B. : L’allégorie est aussi bien présente en peinture et en sculpture qu’en littérature (BH) Ex. : Représentation, en peinture, de l’amour par un personnage, Cupidon, qui lance des flèches (BH). Cf. Le Printemps de Botticelli. Représentation allégorique de la ville de Lille par la « Déesse » ; en réalité, cette statue de femme qui se trouve au sommet de la colonne de la Grand Place, représente une femme qui tient à la main le boutefeu pour allumer le canon ; elle symbolise la résistance des Lillois lors du siège de 1792 et leur fidélité à la République française. « La colonne est inaugurée en 1842 ; le sculpteur de la déesse, le douaisien Théophile Bra disait : »Lille, Lille ! C’est une femme dont le front doit porter l’empreinte du courage calme et obstiné des Flamands … » (Guide bleu Nord-Pas-de- Calais, Hachette, 1994, p. 406). Autre exemple régional sur la même place : les trois statues placées au sommet du fronton de la Voix du Nord qui symbolisent la Flandre, l’Artois et le Hainaut. La statue de la Liberté du sculpteur Bartholdi. Ex. à Roubaix : Monument aux Morts, allégorie de la Paix : femme écrasant un dragon (Alexandre Descatoire, sculpteur art déco,1925).

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Exemples d’allégories dans les arts plastiques et les dessins de presse :

Plantu, 8 avril 1994 : « Tous contre le sida ». Pour la première fois dans l’histoire de la télévision française, un programme unique devait être diffusé, jeudi 7 avril, sur l’ensemble des chaînes, en vue de susciter une mobilisation massive de l’opinion en faveur des victimes de l’épidémie. (allégorie de la Mort , la

Faucheuse)

Plantu, 30 décembre 1992 : Le nombre de tués dans les accidents de la circulation en France continue de baisser après la mise en place du permis à points : la baisse a été de 6% le mois dernier par rapport à novembre 1991. La route, qui tuait 16 000 Français par an dans les années 70, aura fait 9 100 morts au cours des douze derniers mois. (allégorie de la Mort ,

la Faucheuse)

Allégorie de la Justice , représentée par une femme,

les yeux bandés, tenant d’une main un glaive et de l’autre une balance.

Plantu, 9 janvier 1994 : Les lueurs de Taba. Malgré mille difficultés, Israéliens et Palestiniens reprennent leur négociation, et une coopération commence à se manifester sur le terrain. (allégorie de la Paix : colombe tenant dans son bec

un rameau d’olivier )

Timbre : allégorie de Marianne, la République française

Faizant, « Les chênes qu’on abat », Le Figaro, 11 novembre 1970 (Marianne pleure le G

al

de Gaulle décédé le 10-11-70).

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Conditions nécessaires pour qu’on puisse parler d’allégorie : 1) L’allégorie, en vertu du principe d’analogie, reprend une caractéristique importante ou le principales caractéristiques de ce qu’elle représente . 2) La figure doit se poursuivre . L’allégorie est développée sur plusieurs vers ou plusieurs phrases (KB). Ex. : La mort est fréquemment représentée par une femme en train de faucher. Cette personnification devient allégorie si elle se poursuit en une composition symbolique où tous les éléments forment un ensemble cohérent comme dans le poème « Mors » de V. Hugo : « Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ /Elle allait à grands pas, moissonnan fauchant / Noir squelette, laissant passer le crépuscule. » (Les Contemplations, IV,16) (NaRP) 3) La figure doit être définitive et décisive : la représentation possède des traits donnés une fois pour toutes par celui qui la crée. (NaRP, citant Bacry) ; elle n’a en soi aucun caractère personnel . Le sens connoté, second et symbolique est obligatoire parce que codifié . (CP) Ex. : Marianne est la femme qui symbolise la République ; ce n’est plus une femme particulière, même si elle a servi de modèle au sculpteur (Brigitte Bardot, Laetitia Casta …). Dans ce sens restreint, l‘allégorie diffère donc – de la simple personnification , qui s’attache à donner des caractéristiques humaines à des choses, des animaux, c’est-à-dire des notions concrètes . (weblettres). De plus, la personnification est, elle, suscitée par une situation particulière et reste temporaire. (NaRP). Ex. de personnification : « La campagne me plaît encore quand n’a plus de sourires » (Anatole France). – de la métaphore filée qui répond à une situation particulière, ponctuelle, et ne réduit pas à des notions abstraites et générales, n’est pas définitive (NaRP). Les puristes parleront plutôt d’allégorisme. Ex. de métaphore filée : »Le Temps a laissé son manteau / De vent, de froidure et de pluie / E s’est vêtu de broderie / De soleil luisant, clair et beau » (Charles d’Orléans, Rondeaux, 63, Le Printemps ). La métaphore n’a de sens qu’au figuré ; l’allégorie se comprend au sens propre et au sens figuré. (Boras 1°, p. 517a)

« L’allégorie est une suite cohérente de métaphores qui, sous forme de description ou de récit, sert à communiquer une vérité abstraite. Elle a donc un sens littéral […] ce qui est dit […] et un sens dérivé […] ce qu’il faut comprendre. Aussi ne faut-il pas la confondre avec la métaphore, ni même avec la métaphore filée, suite cohérente de métaphores. Pourquoi ? Paradoxalement, parce que l’allégorie ne comprend que des métaphores. La vraie métaphore, elle, comprend toujours des termes non métaphoriques et ne peut donc être lue qu’au sens figuré ; l’allégorie, parce que tous ses termes sont métaphoriques, peut être lue selon la lettre ou selon l’esprit . Ainsi, dans le vers de Voltaire […] : « Il n’est point ici bas de moisson sans culture. », on peut voir, soit un sens littéral, soit un sens figuré. Par contre, la maxime attribuée à Confucius : « L’expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui éclaire le passé. » est une métaphore filée ; car expérience et passé sont au sens propre […] ; la phrase ne peut donc être lue qu’au sens figuré. » (La rhétorique d’Olivier Reboul, Que sais-je ?, n°2133)

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– des différentes formes d’apologue (mythe, fable, parabole …) qui sont plus narratifs et ont une portée morale ou religieuse et se déroulent davantage dans le temps. Le mythe, par exemple, est une allégorie à laquelle on peut « croire ». (NaRP) Ex. : La parabole de l’enfant prodigue ; anecdote de la dent d’or, de Fontenelle ; Ex. de fable : Dans le Corbeau et le Renard , de La Fontaine, fable écrite pour l’éducation du Dauphin, il faut découvrir la signification allégorique : corbeau, roi flatté par les courtisans et renard, courtisan, flatteur, profiteur (CP). Ex. : Le mythe de la création. L’histoire d’Adam et Eve, mythe qui symbolise la chute de l’humanité séduite par le péché, le fruit défendu. – du symbole : L’obligation de sens différencie l’allégorie du symbolisme, ensemble de significations librement décodables (CP). Ex. : Les beffrois du Nord de la France ne sont pas des allégories, mais des symboles des anciennes libertés municipales et donc des villes elles-mêmes ; le beffroi est même devenu un symbole présent dans le logo de la Région Nord-Pas-de-Calais. 2) Au sens élargi a) Une allégorie peut se prolonger dans toute une œuvre . (NaRP). Ex. : – La Caverne de Platon, allégorie sur l’histoire de l’homme (NaRP) ; – la Peste de Camus, allégorie sur la condition humaine : cette histoire d’une épidémie à Oran se double de la résurgence symbolique de la peste nazie, de la collaboration et de la résistance. (CP); – de même dans Rhinocéros de Ionesco, la transformation des hommes en rhinocéros incarne l’instinct grégaire et la « conversion » totalitaire. (CP) ; – dans le poème L’Albatros de Baudelaire, l’oiseau est une allégorie qui incarne la condition à la fois royale et misérable du poète ou du génie, inadapté à la société. (PD) b) L’allégorie peut être un tableau dont les divers éléments renvoient aux différentes significations d’un thème général. (BH) Ex. de tableau : la Carte du Tendre de Mlle de Scudéry, allégorie dont les détails géographiques symbolisent les mille et une nuances de l’Amour. (BH) —————– Références : NaRP = Nathalie Ricalens-Pourchot, Lexique des figures de style . Colin, 1998 ; HB = Henri Bénac et Brigitte Réauté, Nouveau vocabulaire de la dissertation et des études littéraires , Hachette, 1986 ; AB = Amon et Bomati, Vocabulaire du commentaire de texte , Larousse, 1990) ; BH = Bruno Hongre, Le Dictionnaire portatif du bachelier , Hatier, 1998 ; PD = Paul Desalmand, Les Mots clés du français au bac , Hatier, Profil, 1988 ; KB = Kersalan et Bouscaret, Les Mots clés de l’épreuve de français , Hachette, 1987 ; CP = Claude Peyroutet, Style et rhétorique , coll. « Repères pratiques », Nathan, 1998. Site weblettres : http://www.brunette.brucity.be/lgmlej/02AetL/02002ROlliv/03-allegodef.htm et

http://www.weblettres.net/spip/article.php3?id_article=465

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