Fiche de lecture :
Antigone(1994) de Jean Anouilh
I/ Biographie de Jean Anouilh
Jean Anouilh est un écrivain et dramaturge français, né le 23 juin
1910 à Bordeaux et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne, en Suisse. Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est particulièrement abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d’œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture moderne de la pièce de Sophocle.
Anouilh a lui-même organisé ses œuvres en séries thématiques, faisant
alterner d’abord « Pièces roses » et « Pièces noires ». Les premières sont des comédies savoureuses marquées par la fantaisie comme Le Bal des voleurs (1938) alors que les secondes montrent dans la gravité l’affrontement des « héros » entourés de gens ordinaires en prenant souvent appui sur des mythes comme Eurydice(1942), Antigone (1944) ou Médée (1946).
Après la guerre apparaissent les « Pièces brillantes » qui jouent sur la
mise en abyme du théâtre au théâtre (La Répétition ou l’Amour puni, 1947 – Colombe, 1951), puis les « Pièces grinçantes », comédies satiriques comme Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956). Dans la même période, Jean Anouilh s’intéresse dans des « Pièces costumées » à des figures lumineuses qui se sacrifient au nom du devoir : envers la patrie comme Jeanne d’Arc dans L’Alouette (1953) ou envers Dieu comme Thomas Becket (Becket ou l’Honneur de Dieu (1959) adapté au cinéma en 1964. Le dramaturge a continué dans le même temps à servir le genre de la comédie dans de nombreuses pièces où il mêle farce et ironie (par exemple Les Poissons rouges ou Mon père ce héros, 1970) jusque dans les dernières années de sa vie.
II/ Résumé
Le Prologue(=le chœur ), personnage héritier du chef de chœur, présente
les protagonistes, leurs caractères et leurs rôles : Antigone, sa soeur Ismène, son fiancé Hémon, le roi Créon qui est aussi le père d’Hémon, Eurydice la femme de Créon, la nourrice d’Antigone, le messager et enfin les trois gardes.
Antigone rentre chez elle, à l’aube, après une promenade nocturne, elle est
surprise par sa nourrice qui lui adresse quelques reproches. La nourrice sort et
Ismène dissuade Antigone d’ensevelir le corps de son frère Polynice et ainsi d’enfreindre l’ordre de Créon. Sans succès, Antigone n’entend pas devenir raisonnable.
Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice, elle pense à la
mort, la nourrice la réconforte. Ensuite arrive Hémon à qui elle prie de lui pardonner pour la dispute de la veille. Hémon la réconforte en lui déclarant son amour. Antigone lui annonce ensuite qu’elle ne pourra pas l’épouser en lui disant qu’il saura pourquoi « demain ».
Ismène essaie encore une fois de convaincre Antigone de renoncer à son
projet, mais elle apprend qu’il a déjà débuté. Un des garde du roi arrive alors pour annoncer à Créon que quelqu’un à recouvert de terre le corps de Polynice. Créon ne veut pas que la nouvelle se répande.
Le Chœur (=Le Prologue) intervient pour donner sa vision de la tragédie et
annonce le « petit coup de pouce pour que cela démarre ». Antigone se fait arrêter par un garde pendant qu’elle recouvre pour la seconde fois le cadavre, elle est emmenée chez Créon qui est prêt à la sauver et oublier l’affaire. Antigone refuse et se révolte, elle veut sa mort.
Ismène arrive, elle veut mourir avec sa sœur, elle est prête aussi à aller
recouvrir le corps de Polynice mais Antigone refuse. Créon appelle la garde qui emmène Antigone. Hémon supplie son père de l’épargner mais il refuse car c’est elle qui voulait mourir. Hémon s’enfuit.
Antigone reste seule avec un garde, elle lui dicte une lettre qu’elle veut
adresser à Hémon. Le messager annonce la mort d’Antigone ainsi que celle d’Hémon. Le Chœur apprends ensuite à Créon que sa femme Eurydice s’est donnée la mort en apprenant la mort de son fils. Il ne reste plus que Créon et ses gardes…
III/ Présentation des personnages principaux
Antigone : fille d’Œdipe, sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène , cette
jeune fille est l’héroïne de l’histoire qui porte d’ailleurs son nom. Elle est décrite comme « pas assez coquine » par son entourage. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir une volonté de fer (ce qui la poussera à affronter son oncle Créon en enterrant son frère) et d’irradier la joie de vivre.
Créon : frère de Jocaste (la femme d’Œdipe), légitime roi de Thèbes après
la mort des deux princes ennemis, Créon est un souverain âgé, réfléchi et courageux. Il nous est décrit comme étant seul : « Créon est seul » se consacrant ainsi entièrement à son règne. Dont il assume les sacrifices nécessaires comme la punition de Polynice ou l’exécution d’Antigone.
Ismène : sœur d’Antigone qu’elle aime beaucoup « Si vous la faites
mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! », mais qui n’est pas très courageuse jusque vers la fin de l’histoire. Néanmoins, elle reste une belle jeune fille « coquette » et raisonnable « J’ai raison plus souvent que toi ! ».
Hémon : fils de Créon et d’Eurydice , fiancé d’Antigone à laquelle il
est très fidèle « Oui Antigone, je t’aime comme une femme », fidélité qui le conduira au suicide lorsque cette dernière meure sous ordre de Créon. Ce fait le poussera également à mépriser son père, qu’il admirait beaucoup auparavant.
Le Prologue/Chœur : issue des pièces de théâtre de la Grèce antique,
cette « entité » intervient au début du texte pour nous narrer le contexte de la pièce et nous présenter les personnages qui y évoluent. Il réapparait par la suite tout au long de la pièce pour faire avancer le récit ou amener un personnage à la réflexion.
IV/ Avis Personnel
J’ai bien aimé ce livre. Il s’agit d’un récit provoquant des émotions
différentes, comme suivre le combat d’Antigone, dont on connaît la tragique fin et dont on aimerait voir vivante, sans que nous puissions faire quelque chose nous rend totalement impuissant, ou celle du désespoir d’Hémon, qui l’aimeras jusqu’au bout et ne failliras pas à son devoir.