un espace symbolique de la vie de Gervaise et de celle des ouvriers du XVIII° siècle. Gervaise vit dans un espace sinistre, dangereux, où l’on tue les gens : c’est un quartier ouvrier , meurtrier, délinquant. L’espace est peuplé de forces hostiles : chez Zola, le monde est animalisé ( » flancs vides « , » bêtes massacrées « ), le verbe » manger » exprime le destin de Gervaise, elle va être mangée par les autres, être la proie de cet univers. Gervaise va s’autodétruire, car elle est victime de sa paresse, de la crasse, de la boue, du linge sale et de la graisse (elle va grossir). Dans l’univers du monde ouvriers, les hommes sont des animaux : la masse des ouvriers est comparée à un troupeau, dont Gervaise fait partie. Ce sont des bêtes de somme. L’alcool assomme les hommes, il les mène à un univers menaçant, agressif, mangé par la boue. CONCLUSION Cet incipit propose la confrontation d’un personnage et d’un espace et contient déjà les images et les thèmes principaux du roman. La qualité de récit va se faire sur les effets d’échos et de rappels. C’est ainsi que dans le Ch. 12, elle va se prostituer, et se retrouver devant l’hôtel Boncoeur (la boucle est bouclée). Cette structure circulaire du récit renforce le caractère clos de l’espace et souligne l’enfermement du personnage dans une situation sans issue autre qu’une mort misérable. ZOLA – L’ASSOMOIR
I. L’oeuvre
« J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs, écrit Zola dans la préface du roman. Au bout de l’ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l’oubli progressif des sentiments honnêtes, puis comme dénouement, la honte et la mort. C’est de la morale en action, simplement. » Le succès et le scandale extraordinaires propulsent aussitôt Zola sur les devants de la scène littéraire, où il prend place, comme chef de file des naturalistes.
Abandonnée par son amant, Auguste Lantier, Gervaise travaille à Paris comme blanchisseuse pour nourrir ses deux enfants. Sa dure vie est éclairée par la rencontre de Coupeau, un ouvrier zingueur, qu’elle finit par épouser. Coupeau