Fiche de lecture des fleurs du mal


tombe un jour d’un toit. Gravement blessé, après sa guérison, il ne se remet guère au travail. Au contraire, son temps et son argent passent dans la boisson, où il entraîne aussi Gervaise. Coupeau invite un jour Lantier, qui habite désormais dans la maison. La liaison reprend entre les deux anciens amants. La déchéance s’accentue. Coupeau, ivrogne, sombre dans le délire et dans la mort ; Gervaise, elle, doit se prostituer, et finit solitaire, dans son trou.

II. Composition et personnages

La composition d’ensemble est très nette : à l’illusoire ascension de Gervaise dans les six premiers chapitres, succède la déchéance certaine des six derniers chapitres. La chute physique de Coupeau préfigure symboliquement la chute morale de cet homme, bientôt suivi par son épouse. Gervaise, qui est au fond le personnage central du récit, est une jeune femme sympathique, à la fois courageuse et faible. Active, quand il s’agit de sauver ses enfants, passive, quand ses hommes, l’époux ou bien l’amant, l’entraînent sur la pente de l’alcoolisme ou de la débauche. Cet époux, Coupeau, sympathique au début, devient plus mou, plus brutal à la fois, après son accident, sous l’emprise de l’alcool. Lantier est l’amant désinvolte qui abandonne Gervaise, et revient finalement, pour accentuer dans ce nouveau ménage à trois la déchéance.

III. Un roman social

« C’est une œuvre de vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l’odeur du peuple. Et il ne faut point conclure que le peuple tout entier est mauvais, car mes personnages ne sont pas mauvais, ils ne sont qu’ignorants et gâtés par le milieu de rude besogne et de misère où ils vivent. » La question sociale à cette époque se retrouvait déjà dans les romans de George Sand ou dans Les Misérables de Victor Hugo. La nouveauté de L’Assommoir ne consiste donc pas dans la représentation du bas peuple. Ce qui est nouveau ici, c’est moins la présence que « l’odeur » authentique du peuple. Chez Hugo, chez George Sand, la pitié ou le style atténuaient du moins la laideur du réel. Ici, tout au contraire, l’auteur évoque l’avachissement des personnages, les taudis miséreux et le quartier de la Goutte d’Or avec une précision brutale, sans esthétisme aucun, ni possibilité de rédemption. Il donne de ce milieu ouvrier une vision cruellement pessimiste.

IV. Un roman à thèse

Laisser un commentaire