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Mais dans ce chapitre Becker va surtout s’intéresser à la législation sur la marijuana. Il montre que durant les années 30 à 40 il fut mis en place des lois dont le but était l’interdiction de l’usage des drogues et de l’alcool. Celles-ci ne portaient pas atteinte à tous les groupes, mais seulement ceux qui en faisaient un usage pour provoquer un état d’exaltation, tandis que le personnel médical lui n’était pas touché. Cependant à cette période les autorités se préoccupaient très peu de l’usage de la marijuana, elles jugeaient qu’il y avait des problèmes plus sérieux, ce qui explique donc que le prix de la marijuana à l’époque était beaucoup plus faible. Le « bureau of Narcotics du treasury Department » jugeant cela inacceptable déploya de nombreux efforts afin de sensibiliser la population sur le problème de la consommation de marijuana par de nombreux articles, dont l’un décrivait notamment un meurtre commis par un jeune drogué. Tous les efforts du bureau aboutirent à l’élaboration d’une loi qui dans un premier temps pénalisait l’industrie i.e. l’activité économique licite, par exemple l’utilisation des graines de chanvres pour nourrir les pigeons étaient vu comme illégale, mais tout comme pour les médecins, la loi fut aménager, et donc ne punissait que les fumeurs et vendeurs de marijuana. 6) L’étude des entrepreneurs de morales Au chapitre huit, Becker distingue ceux qui créent la normes et ceux qui les font appliquer. Celui qui crée la norme est nommé « les entrepreneurs de morales », « ils entreprennent une croisade pour la réforme des moeurs » i.e. qu’ils trouvent que dans certaines lois subsiste une certaine forme de mal qu’il faudrait éliminer. Souvent les réformes voulue par les entrepreneurs de morales visent à empêcher l’exploitation et donc elles ont souvent un motif humanitaire : « aider ceux qui sont en dessous d’eux à améliorer leur statut est un objectif typique des militants des croisades morales ». En général ces entrepreneurs aussi appelés « croisés de la morales » font appel à des juristes etc. afin de formuler en des termes adéquats les lois requises, mais en même temps cela pose problème dans le sens où ceux qui rédigent ont également leurs propres intérêts et donc peuvent influencer la loi. L’action des croisées peut avoir beaucoup de succès, et donc il y a l’instauration d’une nouvelle loi, mais par la suite l’entrepreneur n’a plus d’emploi c’est donc pour cela qu’il va au contraire continuer à chercher d’autres formes de mal dans d’autres lois ainsi il devient : «Un professionnel de la découverte des injustices à réparer ». Mais tout comme la croisade peut réussir elle peut aussi échouer, dans cette situation d’échec deux évolutions sont possibles : soit l’entrepreneur abandonne sa mission, soit il tient bon et continue sa croisée. Quand la croisade a réussi et qu’il y a eu l’établissement d’une nouvelle loi, des institutions déjà existantes vont se charger de la faire appliquer tel la police. Mais à ce niveau se pose un problème important, car faire appliquer la loi procure à un policier un emploi, et par conséquent il peut être entiché de faire croire à la communauté que le problème qu’il est censé combattre est toujours présent même si cela est faux, afin de pérenniser son poste. Par ailleurs le policier doit se faire respecter sinon il perdra tout sentiment de sécurité dans son travail. Du coup le policier passe moins de temps à faire appliquer la loi et tente plutôt de se faire respecter. Becker justement dénonce le cas où un individus parce qu’il a manqué de respect à un policier sans avoir transgressé la loi est qualifié de déviant, alors qu’un individu ayant transgressé la loi mais respectant le policier n’est pas puni. Dans son neuvième chapitre, Becker évoque le problème de l’insuffisance des faits et des informations sur la déviance sur lesquels les sociologues pourraient fonder leurs théories. Par contre cela ne signifie pas qu’il n’y ait aucune étude de la déviance. Il en existe certes, mais elles sont inadaptées (pour deux raisons) pour une construction théorique. Tout d’abord il n’y a pas suffisamment d’études fournissant des données sur le mode d’existence des