Fiche de lecture « outsiders » h becker howard saul beck


déviants selon le point de vue de ces dernier, très peu de ses études décrivent en détail les activités quotidiennes des délinquants. Par ailleurs, les études sur les comportements déviants sont inadéquates pour fonder des théories car elles ne sont pas assez nombreuses, par exemple de nombreux types de déviances n’ont jamais été décrits. La conséquence de cette insuffisance de données est donc tout d’abord des théories défectueuses et inadéquates. Quelles sont les raisons de cette insuffisance de données ? Il est très difficile d’avoir des contacts avec des déviants car tout d’abord ils sont tenus pour étrangers par le reste de la société, mais eux-mêmes ont tendance à considérer que le reste de la société leur est étranger. Du coup le sociologue qui veut avoir des informations auprès des déviants doit franchir des obstacles car le déviant le voit comme un ennemi. Ainsi le sociologue doit convaincre le déviant qu’il ne le mettra pas en danger et que sa révélation ne lui portera pas tort. Autrement dit le sociologue doit attirer la sympathie du déviant afin de se faire accepter et lui tirer les informations dont il a besoin. Mais avant d’en arriver là il faut déjà que le sociologue repère les déviants, i.e. les personnes auxquelles il s’intéresse. Une fois qu’il les a trouvé il faut les persuader qu’ils peuvent discuter sans risque de leur déviance. Souvent le sociologue est obligé de pénétrer dans des zones inconnues et dangereuses de la société pour avoir accès aux déviants. Par ailleurs quand les sociologues étudient la déviance ils doivent prendre le point de vue soit des déviant soit de ceux qui étiquettent les autres comme tels. Cependant ce processus pose problème car si par exemple les sociologues décident d’étudier les drogués ils diront, et les sociologues devront le rapporter, que les non drogués ont tort de les juger. Mais si maintenant le sociologues décident d’étudier la question des drogués du point de vue des fonctionnaires chargés de la répression ils diront que les drogués constituent une variété de délinquant etc. Donc dans les deux cas les sociologues sont accusés de présenter une description unilatérale et déformée. Mais au final le sociologue ne peut soutenir que le point de vue des déviants car on connaît déjà celui de la société conventionnelle. Dans son dernier chapitre, Becker explique le développement la théorie de l’étiquetage qui essaye de comprendre pourquoi les individus accomplissent des actes réprouvés. La conviction de l’auteur est que : « le domaine de la déviance… constitue seulement un type d’activité humaine parmi d’autres qu’il faut étudier et comprendre ». Becker n’apprécie pas le terme de théorie d’étiquetage, car selon lui tous ses exposés à propos des déviants ne mériteraient pas d’être dénommées théories au sens d’une théorie complète. Pour l’auteur la théorie de l’étiquetage n’est pas non plus une théorie centrée exclusivement sur l’acte d’étiquetage, pour cela Becker préfère employer l’expression : « Théories interactionnistes de la déviance » Becker présente la déviance comme action collective. Selon lui les gens agissent ensemble i.e. ajustent leur comportement en fonction de celui des autres. De même la déviance doit être analysée comme n’importe quelle autre activité collective tel est le cas ou les salariés d’une entreprise volent avec l’aide de personnes se trouvant en dessous et au- dessus de la hiérarchie de l’entreprise. Par conséquent il ne faut pas chercher l’origine des actes déviants dans la psychologie individuelle, mais collective. Par ailleurs pendant longtemps les sociologues ont été réticents à observer de près ce qui était sous leurs yeux, en conséquence cette attitude a beaucoup affecté les études sur la déviance. Un autre problème est celui des problèmes moraux apparaissant dans toutes les recherches sociologiques. Ainsi les théories interactionnistes ont connu de nombreuses critiques par exemple la théorie interactionniste en tant que théorie subversive i.e. qui pense que la théorie interactionniste de la déviance attaque la moralité conventionnelle donc accusée « de conforter l’ennemi ».

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