ENCGM 2008/2009 THEORIES DES ORGANISATIONS : Herbert Simon
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1.2. Différents types de rationalité 1.2.1. Origine La remise en cause de la rationalité standard, à partir de 1947, par Herbert Simon qui a proposé l’idée de rationalité limitée, a suscité de nombreux travaux à sa suite. Dans une contribution traitant des décisions d’investissement, Romelaer et Lambert (2001) citent 22 types de rationalité. Ils montrent que toutes ces rationalités découlent de la rationalité standard et ne sont que le fruit de la complexité de la situation dans laquelle le décideur se trouve lorsqu’il doit effectuer son choix. Ainsi, plus le degré d’ambiguïté de la situation et de l’information du décideur est élevé, plus les affects, les valeurs et les impressions du décideur sur les différentes options qui se proposent à lui ont d’importance, plus, de ce fait, la décision pourra être qualifée d’irrationnelle au sens standard. 1.2.2. Descriptions et liens Le but de cette section n’est absolument pas de faire une étude exhaustive des différents types de rationalité, de leurs rapports ou de leurs origines ou concepts de rattachement. Nous voulons essentiellement mettre en évidence la multiplicité des notions de rationalité afn surtout de montrer qu’il peut y avoir divers niveaux de rationalité et non une dualité «comportements rationnels / comportements irrationnels ». Nous reprenons ainsi l’approche de Romelaer et Lambert (2001) qui distinguent deux types de rationalités : les rationalités optimisatrices et les rationalités exploratoires. Ce qui différencie une rationalité optimisatrice d’une rationalité exploratoire est la vision que le décideur a du problème qu’il doit résoudre. Dans le premier cas, le décideur estime qu’au moment de sa décision il peut optimiser car il a tenu compte de toutes les données qui sont en sa possession pour effectuer son choix. Dans le second cas, le décideur décide sans savoir s’il optimise vraiment car il estime manquer d’informations sur la situation dans laquelle il se situe et accepte de devoir remettre son choix en doute dans le futur. A l’évidence, la rationalité standard est une rationalité optimisatrice : le décideur n’a aucun doute quant à la fabilité des informations qu’il détient puisque sa connaissance du monde et des états de la nature est parfaite. Sur la base de cette dichotomie, Romelaer et Lambert (2001) présentent quelques types de rationalité dont le point commun est de tous être dérivés de la rationalité standard. En effet, ils notent qu’« une distorsion progressive plus ou moins forte avec le modèle rationnel standard est (…) constitué par le degré d’ambiguïté véhiculé par le processus de décision ». Ainsi plus le problème est complexe et les informations ambiguës et foues, plus les affects du décideur prennent d’importance dans la décision.
Nous nous attardons ici sur deux types de rationalité 2 qui nous semble particulièrement utiles