ENCGM 2008/2009 THEORIES DES ORGANISATIONS : Herbert Simon
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Alternatives de comportement : A tout moment, l’individu ou l’organisation formée d’un certain nombre d’individus, se trouve confronté à un grand nombre d’alternatives de comportement, dont certaines sont présentes dans sa conscience, d’autres non. La décision, ou le choix au sens donné à ce terme ici, désigne le processus au terme duquel on choisit à chaque moment de réaliser une de ces alternatives. La série des décisions qui déterminent le comportement au cours d’un laps de temps donné peut être appelée une stratégie. Si l’on choisit et suit une de ces stratégies possibles, n’importe laquelle, il en résultera certaines conséquences. La décision rationnelle a précisément pour tâche de retenir celle des stratégies qui sera suivie de l’ensemble de conséquences préféré. On doit souligner que toutes les conséquences de la stratégie choisie sont utiles pour l’évaluation de sa justesse, et non les conséquences anticipées seulement. La décision comporte trois étapes : • Le recensement de toutes les stratégies alternatives • La détermination de toutes les conséquences de chaque stratégie • L’évaluation comparative de ces ensembles de conséquences. C’est délibérément que nous employons le mot « toutes ». Il est évidemment impossible que l’individu connaisse toutes ses alternatives ou toutes leurs conséquences, et cette impossibilité se traduit par un décalage très important entre le comportement réel et le modèle de rationalité objective. Temps et comportement Rien n’empêche le sujet, ou l’organisation, ayant choisi une stratégie le lundi d’en changer le mardi. Mais dans la mesure où elle a été partiellement exécutée avant sa révision, la décision du lundi a déjà rétréci l’éventail des stratégies possibles le mardi. Le caractère irrévocable des stratégies mérite la plus grande attention, car il rend possible au moins un minimum de rationalité dans le comportement, qui, sans, lui, serait autrement inconcevable. Par exemple, un homme qui a passé sept ans de sa vie à faire des études de médecine et dix années supplémentaires à pratiquer cette profession ne doit pas, normalement, se demander plus longtemps s’il devrait être ou pas un médecin. Les autres professions lui sont pratiquement fermées du fait même des investissements qu’il a déjà réalisés dans la poursuite de sa stratégie. Connaissance et comportement : Dans la décision, la fonction de la connaissance est de déterminer les conséquences de chacune des alternatives possibles. Sa tâche est de choisir, dans toute la classe des conséquences possibles, une sous classe plus limitée, ou même dans l’idéal un ensemble unique de conséquences correspondant à chaque stratégie. L’individu ne peut, bien entendu,