ENCGM 2008/2009 THEORIES DES ORGANISATIONS : Herbert Simon
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connaitre directement les conséquences de son comportement. S’il le pouvait, on verrait alors à l’œuvre une sorte de causalité inversée : les conséquences futures détermineraient le comportement présent. En réalité, il anticipe les conséquences à partir de relations empiriques connues et de l’information disponible sur la situation présente. VALEUR ET POSSIBILITE : Il reste à analyser le troisième élément de la décision : la détermination des préférences parmi les conséquences. On peut qualifer ce processus d’estimations. A chaque stratégie correspond un ensemble unique de conséquences. La rationalité du comportement commande de classer les conséquences par ordre de préférence et de choisir la stratégie qui correspond à l’alternative la mieux cotée. Système de valeurs-surface d’utilité : Les valeurs présentes dans les diverses alternatives étant à la fois nombreuses et variées, chaque individu doit les peser et choisir entre elles pour défnir ses préférences. Les économistes ont mis au point un appareil conceptuel pour décrire ce processus. Il est possible de représenter les choix des individus entre plusieurs valeurs par un ensemble de courbes d’indifférence. Les courbes indiquent les ensembles de conséquences équivalents ou indifférents. Pour l’illustrer, prenons les produits favoris des économistes – des noix et des pommes. La courbe d’indifférence nous dit que si l’individu préfère une combinaison de 10 noix et 5 pommes à une combinaison de 5 noix et 7 pommes, ou s’il juge la première combinaison moins désirable, ou encore s’il estime les deux combinaisons indifférentes. Le stock de produits dont dispose l’individu et la structure des prix introduisent des limites empiriques au choix des possibles dans le modèle de l’économiste. On suppose que l’individu commence avec un nombre donné de noix et de pommes, qu’il peut les échanger les unes contre les autres à un taux de change spécifé, et qu’il s’efforce donc de choisir le montant d’échange qui lui donne une satisfaction maximale. Valeur, expérience et comportement : La signifcation de la relation moyens-fn devient désormais plus nette. Il est clair que la distinction moyens-fn ne se confond pas avec la distinction entre fait et valeur. Quel est donc le rapport entre ces deux ensembles de concepts ? La réponse est simple : une chaine, une séquence moyens-fn constitue une série de prévisions qui associent une valeur aux situations qui la concrétisent, puis ces situations aux comportements qui les produisent. Tout élément de cette séquence peut être soit un moyen, soit une fn selon l’extrémité de la chaine valeur ou comportement à laquelle il est rattaché. Le caractère moyen d’un élément d’une chaine moyens-fn prédominera si cet élément est rattaché à l’extrémité comportement de la chaine ; l’aspect fn l’emportera si l’élément décrit les conséquences du comportement. S’il en est ainsi, on peut prendre comme indice des valeurs attachées à un comportement les termes décrivant les conséquences de ce comportement. Tandis que les économistes désignent du nom de biens économiques les