Ingénierie Financière Etude de la méthode EVA A la différence du secteur industriel et commercial, la principale contrainte des banques n’est pas de financer leur exploitation mais de disposer d’un niveau suffisant de fonds propres pour absorber des pertes potentielles. En effet, la quasi-totalité des actifs et passifs des banques sont de nature financières et donc porteurs de risques. C’est la raison pour laquelle la Communauté européenne a établi des
règles prudentielles de solvabilité (Ratio de Solvabilité Européen2) en exigeant que soit établi
un lien entre les risques encourus par les banques et le montant de leur fonds propres.
Il est donc nécessaire de reprendre la distinction établi par la Commission bancaire3
entre le « capital historique » qui correspond aux sommes investies dans l’entreprise dans le passé, et le « capital économique », qui est un concept « probabiliste » et qui est le capital minimum nécessaire pour couvrir le montant de la valeur de marché susceptible d’être perdue en cas d’événement adverse. Il convient de noter à cet égard que les ratios établis par la réglementation prudentielle ne sont que des ratios qui n’apprécient le risque que de manière grossière et approximative. Les banques ont donc développé des méthodes d’allocation des fonds propres beaucoup plus fines parmi lesquelles on peut citer la méthode RAROC ou la méthode dite des scénarios. Pour l’utilisation de la méthode EVA, il convient donc de se baser sur le niveau des fonds propres déterminés selon ces méthodes pour mesurer à la fois la rentabilité économique et le coût du capital économique. Ainsi, l’EVA apparaît être, de prime abord, un instrument relativement simple de mesure de la performance des entreprises. Mais il requiert de nombreux retraitements comptables, tout particulièrement pour les banques. L’EVA a été avant tout destinée à être appliquée aux entreprises industrielles et commerciales. Par conséquent, l’application de cette méthode aux banques nécessite des adaptations pour deux raisons :
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