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Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure L’amour s’en va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passait Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Apollinaire, Alcools, II, 1912 Guillaume Apollinaire est né le 26 août 1880 à Rome et mort le 9 novembre à Paris. C’est l’un des principaux poètes français du XXème siècle. Après ses 21 ans, il devient audacieux dans son expression, surtout après avoir rencontré Picasso. Il écrit « Les fiançailles » qu’il dédie à Picasso. Il fut l’auteur de nouvelles et des romans érotiques. Il pratique aussi le calligramme (terme de son invention). Apollinaire évolue dans tous les registres de la poésie, dans les Rhénanes. La fuite du temps (Poème en prose traduit du chinois) Quand les hirondelles s’en vont, plus tard elles reviennent ; quand les saules se dessèchent, plus tard ils reverdissent ; quand les fleurs se fanent, demain elles retrouveront leur éclat… Mais dites-moi, vous les sages, pourquoi nos jours écoulés ne reviennent jamais ? Serait-ce qu’on nous les a volés ? Qui donc est le voleur ? Où les a-t-il cachés ? Ou bien se seraient-ils enfuis tout seuls ? Alors, où sont-ils allés ? Je ne sais combien de jours il m’est donné de vivre. Mais je sens que mes mains se vident de plus en plus… en calculant mentalement, je m’aperçois que plus de huit mille jours se sont échappés de mes mains. Telle une goutte d’eau qui tombe, de la pointe d’une aiguille dans une grande mer, mes jours se perdent 15
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