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Sonnet à Marie Je vous envoye un bouquet que ma main Vient de trier de ces fleurs épanies, Qui ne les eust à ce vespre cuillies, Cheutes à terre elles fussent demain. Cela vous soit un exemple certain Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries, En peu de tems cherront toutes flétries, Et comme fleurs, periront tout soudain. Le tems s’en va, le tems s’en va, ma Dame, Las ! le tems non, mais nous nous en allons, Et tost serons estendus sous la lame : Et des amours desquelles nous parlons, Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle : Pour-ce aimés moy, ce-pendant qu’estes belle. Pierre de Ronsard, extrait de « Continuation des amours », (1555) Portrait de Marie, destinataire de nombreux poèmes de Ronsard à gauche et à droite, portrait de Ronsard. Pierre de Ronsard est né le 1er septembre 1524 et mort dans la nuit du 27 au 28 décembre 1585, écrivain et poète français du XVIe siècle. Il était surnommé « le prince des poètes ». Il fut membre et créateur de la Pléiade avec Joachim du Bellay. Leur objectif était de composer des œuvres inspirées des auteurs grecs et latins mais en français. En 1550, Ronsard publie les Quatre premiers livres des Odes qui le hissent au premier rang des poètes de l’époque. Marguerite de France puis le roi Charles IX se prennent d’enthousiasme pour ce « prince des poètes ». Il publie successivement ses Hymnes, ses Amours, puis ses Discours.
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