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« Assieds-toi sur le bord… » Assieds-toi sur le bord d’une ondante rivière : Tu la verras fluer d’un perpétuel cours, Et flots sur flots roulant en mille et mille tours Décharger par les prés son humide carrière. Mais tu ne verras rien de cette onde première Qui naguère coulait ; l’eau change tous les jours, Tous les jours elle passe, et la nommons toujours Même fleuve, et même eau, d’une même manière. Ainsi l’homme varie, et ne sera demain Telle comme aujourd’hui du pauvre corps humain La force que le temps abrévie et consomme : Le nom sans varier nous suit jusqu’au trépas, Et combien qu’aujourd’hui celui ne sois-je pas Qui vivais hier passé, toujours même on me nomme. Jean-Baptiste Chassignet, Le Mépris de la vie et consolation de la mort, 1594Jean-Baptiste Chassignet est né en 1571 à Besançon et mort en 1635. Il était fils d’un médecin. Etudiant en droit à l’université de Dôle, il obtient son doctorat. Il mène ensuite une carrière d’avocat fiscal et de conseiller. En 1594, il publie Le Mépris de la vie et Consolation contre la mort qui est une suite de 434 sonnets. Ses sonnets sont très représentatifs de son époque. Il écrit ensuite des paraphrases de textes bibliques, sur les Douze Petits Prophètes (1601) et sur les Psaumes (1613). 7
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