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Les adolescents des quartiers sensibles ayant une mère qui travailleauraient de meilleurs résultats scolaires et seraient moins tentés par ladélinquance. C’est le résultat d’une étude dirigée par Hugues Lagrange,de l’Observatoire sociologique du changement.Pour comprendre pourquoi les adolescents des zones urbainessensibles adoptent plus facilement des conduites déviantes (délinquance,fugues, décrochage scolaire…), ces chercheurs ont mené une étude surdes collégiens de trois zones différentes : le Val de Seine, victime de lacrise de l’industrie automobile et comportant une forte populationimmigrée, le très cosmopolite 18e arrondissement de Paris et Saint-Herblain, ville de la périphérie nantaise possédant un important taux defamilles monoparentales.Les feux des projecteurs se sont déjà beaucoup braqués sur les effetsnégatifs du divorce ou de la monoparentalité. Les auteurs de cette étudeexplorent, eux, une nouvelle piste : les effets positifs du travail desfemmes sur la scolarité et la socialisation des enfants. Les collégiens,surtout ceux dont les familles sont originaires d’Afrique sahélienne, sontfiers de dire que leur mère travaille. Ils n’ont aucune réticence à expliquerqu’elle est femme de ménage à l’hôtel Campanile ou qu’elle nettoie desbureaux. Les chercheurs ont alors comparé les progrès scolaires descollégiens avec différents facteurs : l’origine de la famille, les résultats descopains, le contexte familial, l’activité de la mère… La conclusion est claire : dans la région de Mantes-la-Jolie, si lamaman est active, les résultats scolaires sont meilleurs. L’activité desmères influe même davantage sur les résultats scolaires que lesséparations ou les différences d’âge des parents. Autre découverte : il yaurait un lien « significatif » dans les quartiers sensibles d’Ile-de-Franceentre l’accroissement du nombre de bacheliers et la hausse du tauxd’activité des femmes. Le travail des mères de famille a également changé la vie au sein du couple et leurs nombre d’enfants. La généralisation du couple bi actif est un élément fondamental de l’évolution de la famille. Elle est liée à l’aspiration des femmes à être autonomes, mais aussi au fait d’avoir deux salaires.