6.1 Muri Mura MudaMuri, l’excès L’Excès, le déraisonnable. Ce sont par exemple les matériels et matières achetés en excès, en avance, notamment avec des méthodes dites « économiques » (Wilson), des politiques d’achat ou des tailles de lots inadaptées, l’excès de matière première ou de pièces dans les ateliers. Tout cela constitue un gaspillage de trésorerie (on a payé du matériel qui reste à attendre, sans qu’on en ait réellement besoin), gaspillage de place, d’espace. Le risque d’erreurs ou confusion augmente dans les ateliers et les stocks, il y a un risque d’obsolescence si on ne peut consommer à temps les matériaux en excès. Ce Muri nuit aux 5S. Mais le Muri c’est aussi la main d’oeuvre excessive, inefficace, en attente d’occupation. Ce sont les opérations inutiles héritées de modes opératoires obsolètes et non révisés. Ce sont les erreurs qui nécessitent des opérations correctives ou la non qualité qui nécessite de produire plus de pièces pour compenser les pertes… Une pièce non conforme coûte le double ! Le Muri est souvent causé par le respect de standards inadaptésMura, l’irrégularité L’Irrégularité. Les à-coups, les ruptures de rythme, conduisent souvent à installer des « buffers », des stocks tampons afin de lisser les flux irréguliers. Cette acceptation revient à créer du Mura. L’approche japonaise cherche à éliminer les causes des irrégularités et non à les masquer. En diminuant graduellement la taille des stocks tampon, on révèle les causes des irrégularités et on s’attache alors à les éliminer. L’idée de base et que tout flux de production doit s’écouler harmonieusement comme une rivière. Si des obstacles encombrent son cours, il faut retirer les obstacles et non pas rajouter de l’eau. Le manque d’équilibrage (irrégularité du flux) des process risque aussi d’entraîner
des attentes de machines et main d’oeuvre.