2.6.8.2.2 Des contraintes La cooptation a aussi ses risques : – elle peut transformer les collaborateurs de l’entreprise en chasseurs de primes : le reconnaissance financière risquant de susciter des réflexes de chasseur de primes, le coopté se partageant la prime avec le coopteur ; – elle peut créer de puissantes filiations entre cooptés et coopteurs et former des équipes soudées mais hostiles à tout nouveau venu issu d’un autre canal de recrutement si on ne prend pas garde à « diluer » les recrutements par cooptation ; – le principe de la cooptation peut se heurter à des réticences psychologiques chez les collaborateurs :
1ère objection (chez les commerciaux notamment) : ne comptez pas
sur moi pour générer ma propre concurrence ! ; le seul remède à cela est que l’entreprise doit absolument justifier clairement sa politique de recrutement, par une augmentation du CA, par une diversification, par un déploiement géographique, etc.) ; – autre réaction courante : ce n’est pas mon métier ! ; beaucoup de gens n’osent pas recruter, ont peur de décevoir leur DRH ou craignent que l’échec du recrutement ne les mette personnellement en cause.La cooptation en question : généralement apprécié, le système n’est pastoujours synonyme de prime pour les cooptants Avec la pénurie de main-d’œuvre grandissante, la cooptation devient une méthode de recrutement à part entière. Elle permet notamment à l’entreprise de faire des économies substantielles. Si tous les domaines sont concernés, le secteur des nouvelles technologies se révèle particulièrement exemplaire. Chez Cadextan, société informatique pour laquelle travaillent 80 personnes, la cooptation est à la fois perçue comme un élément clé du recrutement et un outil de communication. L’année dernière, 7 personnes ont été embauchées (Bac+5, ingénieurs informaticiens ou spécialistes de la finance) par ce biais et une personne sur deux l’année précédente. « Pour nous, la cooptation n’est pas seulement liée à la conjoncture, cela nous permet aussi de fidéliser notre personnel qui, en participant au recrutement, se sent impliqué dans la structure, précise Christine Capao, directrice des Ressources Humaines de Cadextan. Mais c’est une source qui se tarit car vient un moment où les gens n’ont plus de CV à nous proposer ». Coopter une personne consiste à recommander celle-ci en remettant son CV au chargé de recrutement. Ce dernier prendra soin d’y rattacher le nom du collaborateur cooptant, ne serait-ce que pour ne pas oublier de lui verser une prime si le candidat, généralement un ancien camarade de promo ou une connaissance professionnelle, « fait l’affaire ». « Cette année, j’ai insisté pour que les cooptants connaissent bien la personne qu’ils recommandent, précise Christine Capao. Car parfois, il m’arrivait de rencontrer l’ami d’un ami d’un tel et ça n’allait pas du tout ! ». 68