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Au sein de cette entreprise, consacrer de son temps à la recherche de bons profils est primé. Le cooptant, généralement tenté par ce service à son entreprise après quelques mois d’ancienneté, reçoit 5 000F pour chaque coopté. En 1999, un cadre a ainsi gagné 15 000F en cooptant 3 personnes. En outre, le premier et le dernier cooptant de l’année civile gagnent deux invitations au restaurant La Tour d’argent ou au Jules Verne. L’entreprise ressort gagnante elle aussi. Recourir aux services d’un cabinet pour recruter trois personnes coûte, selon Christine Capao, entre 20 000F et 30 000F. Et la culture d’entreprise s’en trouve renforcée car des liens plus ou moins affectifs se tissent par la suite entre cooptants et cooptés. Les agences de conseil en communication d’entreprise préconisent aussi la cooptation à leurs clients. « La cooptation est dans l’esprit start-up, estime Loïc Serot Almeras, président de l’agence TMP Worlwide. Elle participe à la cessation de hiérarchie ». Et de poursuivre : « Il y a une vingtaine d’années, la cooptation était quelque chose d’extrêmement novateur, se souvient-il. Les cadeaux étaient davantage répandus. Certaines entreprises allaient même jusqu’à offrir des manteaux de fourrure aux épouses des cooptants, ce qui donnait bien entendu lieu à des débordements. » Si lui même avoue avoir une préférence pour la cooptation primée, il n’est cependant pas sans ignorer les écueils émis par certains DRH. « Redoutant les chasseurs de prime, certaines entreprises choisissent de décerner une coupe aux cooptants les plus méritants ou bien optent pour des cadeaux ayant un lien direct avec leurs actions de sponsoring, tels que des week-ends de voile, de rafting, etc., explique-t-il. Il existe par ailleurs un risque de « mafia » par la surreprésentation d’une école au travers d’une cooptation massive entre plusieurs anciens diplômés issus d’un même établissement. » Toujours selon Loïc Serot Almeras, la plupart des entreprises couvrent aujourd’hui près d’un tiers de leurs besoins en recrutement grâce à la cooptation, toujours précédée des supports presse et Internet. « Les cabinets de recrutement ne sont pas menacés, considère-t-il. Internet n’a pas tué la presse comme certains le pensaient… Tout est affaire de dosage et de mise en place de règles strictes par l’entreprise. » Enfin, grâce à l’Intranet, la cooptation se serait généralisée à l’ensemble des métiers en permettant à chaque salarié de s’enquérir des postes à pourvoir. « Avec le turn- over qui sévit aujourd’hui dans les entreprises, il faut régulièrement promouvoir la cooptation en interne afin de l’expliquer aux nouveaux arrivants », conseille Loïc Serot Almeras. De son côté, Régine Adamec, DRH de Toys’R’Us et directrice commerciale, déplore toute idée de cooptation rémunérée. Voilà d’ailleurs 5 ans que ce type de prime a été banni de son entreprise : « Lorsque l’on appartient à une entreprise, il est naturel de la promouvoir sans que cela donne lieu à quelque compensation financière que ce soit, déclare-t-elle. Déontologiquement parlant, la prime en argent s’apparente à du forcing. Je suis pour une reconnaissance morale et symbolique ou bien une formation… » Chez Andersen Consulting, la cooptation représente 10% des embauches. Les cooptants sont remerciés par un week-end en Relais & Châteaux pour 2 personnes. Kiryakos Schebel, 28 ans, consultant senior dans le secteur « gouvernement » (institutions publiques), a été embauché dans cette société après y avoir été coopté. Diplômé des Arts et Métiers (ingénieur bases de données), il travaille tout d’abord 3 ans chez un éditeur de logiciels. Il intègre ensuite une société de services, sous- 69