La déchéance d’un homme de dazai osamu centre nationa

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La Déchéance d’un homme de Dazai Osamu

Centre national de ressources textuelles et lexicales : http://www.cnrtl.fr

I. Informations générales

1. Biographie de l’auteur

L’auteur japonais Dazai Osamu naît en 1909 au sein d’une famille de grand propriétaire terrien au nord de l’île de Honshu sous le nom de Tsushima Tsuji. Il se fait connaître en 1933 avec Gyofuku-ki (Chronique d’une métamorphose) et Omoide (Souvenirs).Très tôt se discernent chez lui une tendance à l’autodestruction, un instinct de révolte contre l’ordre et la morale qui, après-guerre, le feront ranger avec Sakaguchi Ango, parmi les auteurs dit « burai ha », sans foi ni loi. Il est exclu de sa famille après une tentative de suicide ratée avec sa compagne qui seule, perdit la vie, ceci provoquant une rupture avec son attachement au Marxisme et à l’Imaginaire chrétien. Après son internement en hôpital psychiatrique, il cherche à renouveler son style dès 1936 avec Bannen (Fin de vie) écrit sous la forme d’un testament. Il emprunte au quotidien un langage qui devient comme par enchantement un récit romanesque. Au lendemain de la guerre, il devient « l’écrivain à la mode », et produit à


un rythme effréné des œuvres telles que Billon no Tsuma (La femme de Villon) et Shayo (Soleil couchant), portrait très pessimiste et acide de la société japonaise de ce temps-là en 1947. La déchéance d’un homme, commence à paraître en revue quelques jours avant son suicide et quoique fortement teinté de références autobiographiques, ce récit relève avant tout de l’art de la fiction. Cette caractéristique distingue des tenants des Shi-shosetsu (roman à la première personne) qui dominaient depuis trois décennies. L’usage de la première personne permet une savante mise en scène par laquelle le lecteur, littéralement –captivé- entre dans une sorte de pacte de confidence avec le lecteur. Pour conclure, nous nous permettons de nous concentrer sur le burai-ha, groupe d’auteur auquel Dazai Osamu est inclus. Le Burai-ha était un groupe d’écrivains qui exprimaient leur absence de but et leurs crises identitaires dans le Japon d’après-guerre. Bien qu’ils ne formaient pas une école littéraire, ces auteurs sont liés par une approche similaire de leur thème et de leur style littéraire. Leur thème récurrent est celui d’un anti-héros s’opposant aux conventions sociales jugées obsolètes, pour aspirer à la liberté, même si celle-là est synonyme de destruction. Les trois grands auteurs de ce mouvement sont Ango Sakaguchi, Sakanosuke Oda et Dazai Osamu. Cependant, notons que certain critiques et spécialistes de la littérature ont tendance à en inclure d’autres dans ce mouvement tels Ishikawa Jun, Ito Sei ou Hirabayashi Taiko. Notons enfin que le choix du mot « Burai » (sans « foi » ,« âme ») le fut par des critiques japonaises proches du mouvement conservateur et non par des lecteurs ou chercheurs.


2. Le livre

La déchéance d’un homme décrit le portrait de la vie d’Oba Yozo, une personnalité tourmentée incapable de révéler sa nature réelle à autrui, préférant se construire une façade sociable plutôt que d’être « découvert ». Le roman se compose de trois carnets, en plus de la préface écrite par l’auteur lui-même qui annonce le contenu. Le roman est originalement intitulé Ningen Shikkaku 人間失格 et « No longer human » en anglais. Sa version française est traduite du japonais par Georges Renondeau et est disponible depuis 1990 aux éditions Gallimard, connaissance de l’Orient, Série Japonaise. Avant de nous focaliser sur le contenu de l’œuvre, nous nous permettons de vous proposer la définition du mot déchéance selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales du CNRS « Tomber dans un état inférieur à celui où l’on était ; succomber ; avoir le dessous ». Le terme provient du latin decadere « tomber », et est donc le nom savant de la décadence. Notons enfin que le terme déchéance fut dans un premier temps utilisé pour la symbolique du déclin de l’empire romain.

II. Analyse du Contenu

Bien que nous pourrions dresser un plan de cette œuvre par idéologie ou thème, nous avons choisi de présenter celle-ci en suivant le plan original du récit, afin de pouvoir mieux suivre la progression de la trame principale et respecter certains codes académiques (dans le cas du lycée).


1. Préface

Dazai Osamu présente son œuvre de façon volontairement simpliste et épurée à travers trois photographies de la même personne commentées par une tierce personne. Si le roman est écrit à la première personne, le « il » est ici de rigueur comme pour instaurer une certaine distance avec la réalité.

La 1ère photo est celle de la jeunesse représentée par un enfant d’une dizaine d’année

entourée des filles de sa famille. D’emblée, l’accent est centré sur l’esthétisme, la singularité et la différence des points de vue. Ici, l’auteur comment le sourire niais de l’enfant qu’il trouve d’une laideur repoussante, et critique ceux qui trop nombreux pourraient le penser « mignon » sous seul prétexte d’un sourire et de sa jeunesse : l’auteur compare l’enfant à un singe mais en note la singularité précoce. Evidemment, il s’agit d’une photo représentant le « il » du roman, c’est à dire l’auteur lui-même dans les limites biographiques de ce texte qui demeure une fiction. La deuxième photo est celle d’un étudiant jugé très beau. Cette fois ci celui-ci semble esquisser un sourire avec art. L’auteur décrit la beauté rare de ce jeune homme. La troisième photo représente une personne plus âgées aux nombres d’années qu’on ne peut deviner, l’homme semble y avoir perdu le sourire indéfiniment, ce qui est aussi jugé extrêmement repoussant par l’auteur. Il s’agit ici des conséquences de sa déchéance, qui sont ainsi énoncées au lecteur afin d’éveiller sa curiosité envers des évènements qui auront lieux. On peut de plus noter d’ores et déjà un rapport à l’esthétique, à l’imaginaire et au « signe » très présent, pour les lecteurs

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