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soucier de rien « Jusqu’ici j’ai vécu l’enfer. Dans le monde des humains, c’est la seule chose qui me semble vraie. La vie passe, rien d’autre ». Le livre se conclue sur un épilogue construit pour que l’auteur prenne ses distances avec la réalité : Il n’est plus Yozo.
III. Nihilismes et autres courants
Si l’on devait comparer cette œuvre dite « shi-shosetsu » avec la littérature occidentale, nous pouvons dire qu’elle se rapproche plus d’une œuvre telle que l’Immoraliste d’André Gide que Les mots de Jean Paul Sartre, et ce notamment dans le rapport que l’individu entretient avec une certaine forme d’irréalité. Ce qui pourrait marquer dans cette œuvre est son fort lien avec les formes originelles de la postmodernité. Sans pour autant qualifier cette œuvre de postmoderne, nous vous proposons une explication du lien entre le nihilisme et la postmodernité de l’œuvre par sa conscience du vide entre autres. La danger du nihilisme littéraire tout d’abord est énoncé par Dostoïevski dans ce qu’on appelle généralement « Le problème du Bien ». Il dit que « Si Dieu n’existe pas, tout est permis » , cela permettant un rapprochement intéressant avec ce texte puisque le symbolisme à travers les signes religieux utilisé par Dazai Osamu est le seul moyen , volontaire ou non ; de séparer le bien du mal. Il existe aussi dans la philosophie nihiliste un rapport au non-être que l’on peut juger similaire avec l’irréalité de la condition chez Dazai Osamu. Or d’un point de vue philosophique, le non- être ne peut exister (car le non-être est une idée qui existe, et rien ne peut exister et ne pas exister en même temps). Il s ‘agit dès lors dans le cas de ce roman d’un nihilisme passif, sans conséquences idéologiques mais individuelles. La fragilité des identités individuelles étant le domaine originel du courant postmoderne, on retrouve donc le lien entre ces deux courants sur la notion d’individu. Cette vision se rapproche notamment de la méthode de
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