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propre pensée : « D’ailleurs, suis -je ou non capable d’aimer quelqu’un au monde ? C’est une question que je me suis souvent posée. Des gens tel que moi ne peuvent se lier intimement ». Chez Horiki chez qui il était parti se réfugier, il rencontre Shizuko, une journaliste chez qui il part s’installer et qui a une fille de 5 ans (l’auteur, probablement par respect, ne donnera pas plus de détails en dehors du prénom). Grâce à elle, il devient caricaturiste et acquière un peu de notoriété. C’est en dessinant que Yozo nous annonce pour la première fois qu’il pleure, et que la misère et le non-sens de la vie le pousse à sombrer. Shigeko, la fillette de 5 ans, l’appellera vite Papa. Il écrit pour boire et semble suivre ces vers de Guy Charles Cros « Le lendemain répète la veille. Il faut qu’aujourd’hui je fasse qu’hier. Si j’évite une joie déchainée, alors je n’éprouverais pas une grande tristesse. D’une pierre qui encombre le chemin, le crapaud fait le tour et passe » . Au bout de l’année, sombrant de plus en plus, il fuit son foyer pour ne pas interférer dans la vie des deux jeunes femmes « Ces êtres étaient heureux en somme. Moi, pauvre, si je me mettais entre elles deux, je ne leur apporterais que le désordre. Un bonheur humble. De brave gens, cette mère et cette enfant. Si Dieu daigne écouter la prièr e d’un homme tel que moi, dis -je, je le supplie de leur donner le bonheur, pour une fois ». La notion d’individu est aussi énoncée : « Le monde. Dans une certaine mesure, j’eus l’impression que je commençais vaguement à le comprendre. Dans la lutte d’un individu contre ses semblables, l’individu doit vaincre. L’homme ne cède pas à l’homme. L’esclave lui -même rend les coups, à sa manière, comme le peut un esclave. Tout en proclamant qu’il y a des obligations entre les hommes, celui qu’on s’efforce d’atteindr e c’est l’individu et toujours l’individu. La difficulté de comprendre le monde, c’est la difficultés de comprendre les individus ».
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