L’approche du récit de vie comme méthodologie de recherche n’est pas nouvelle


Le sujet narrateur est donc mit en avant car c’est lui qui définit les enjeux de son engagement dans le récit de sa vie. Il est l’acteur principal de la mise en œuvre de son projet de compréhension de soi par soi, quand bien même il en passe nécessairement par la médiation d’autrui, notamment en raison du fait qu’il n’est pas de récit sans adresse à « l’autre ». Cette perspective met le narrateur au centre du processus : – dans l’appréciation de la démarche eu égard à son intention ; – dans la détermination de l’espace social où va se réaliser le travail sur son récit ; – dans le choix du mode d’élaboration du récit (oral, thématique, séquencé, …) ; – dans la décision de dire ou de ne pas dire tel événement de sa vie ; – dans la manière d’organiser son récit (suivant un ordre chronologique ou non, valorisant les moments cruciaux ou attentif aux détails, …) ; – dans le désir d’aller ou non au-delà de la seule production du récit. Il appartient, en effet, au narrateur de vouloir s’approprier son récit en en faisant l’analyse et l’interprétation. C’est ainsi que le sujet-narrateur se positionne comme l’auteur de son récit et du sens qu’il en dégage. Le tiers – formateur, chercheur, intervenant – peut être associé au travail du narrateur. A ce titre, il donne les repères relatifs au cadre du processus, avec la dimension déontologique que cela comporte ; – il propose des outils d’analyse du récit ; – il facilite l’émergence de l’objet de quête du narrateur ; – il répond aux demandes plus techniques relatives au traitement du récit. Au mieux, le tiers participe à une coproduction du sens du récit, spécialement lorsqu’il partage ses propres questions de recherche et les résonances provoquées par l’écoute de tel ou tel élément du récit du narrateur. Le récit de vie présente un avantage par rapport à d’autres approches, c’est celui de relier et d’associer des éléments de vie d’un individu. En d’autres termes, prendre en compte l’interaction de la vie privée, religieuse, scolaire, …et ainsi comprendre comment les différents aspects de la vie interagissent les uns sur les autres. Il va permettre de comprendre des faits sociaux dans la globalité des individus et de lier les différents aspects de la vie de l’individu. Dans le récit de vie, on est dans la compréhension, l’empathie. C’est une sociologie subjective. La subjectivité du narrateur est d’ailleurs le point

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