de vue de départ. Dans le récit de vie, on s’intéresse aux structures sociales et non pas aux rapports psychologiques. Cependant cette méthode de recherche comporte tout de même des limites, en effet, elle fonctionne que si l’on a affaire à une personne représentative du phénomène qui nous intéresse. Elle ne fonctionne plus, dés lors qu’on veut utiliser cette approche sur des populations (ex : les mères célibataires). Au travers du récit de vie, le chercheur doit travailler sur un thème précis (ex : la solitude) et non sur une population (ex : les femmes seules). De plus, il arrive parfois que les échanges soient difficiles et cela pour des raisons diverses : sujet timide ou encore n’ayant pas vraiment envie de raconter sa vie. Ce qui fait que le sujet peut ne pas vouloir, ou omettre, de parler de certains moments clés de sa vie. Une autre objection formulée pour cette méthode repose notamment sur le fait qu’un récit de vie recueille une masse d’informations (faits) importante à traiter. Or, traiter le matériel obtenu par la méthode du récit de vie demande certes beaucoup de travail (en termes de retranscription, de lectures et relectures, d’élagages successifs pour ne retenir que les informations les plus pertinentes) qui s’avère relativement difficile, mais pas impossible. Ainsi, le récit de vie comme méthode de recherche permet d’une part une appréhension temporelle du déploiement d’une histoire, d’une problématique, d’une personnalité, de systèmes défensifs et d’une relation (entre sujet et chercheur) mais en permet également une vision plus complète et plus complexe. En effet, le fait de se raconter c’est déjà un travail interprétatif et analytique pour le sujet, ce qui lui permet de mieux s’inscrire dans son histoire en en saisissant mieux certaines problématiques. Il n’est pas possible de faire l’impasse sur le fait qu’il faut toujours un certain temps pour qu’une histoire puisse vraiment se raconter et une personnalité, un style relationnel, être appréhendé dans toute sa complexité. Toutefois, cette méthode peut rencontrer certaines difficultés. En effet, si le récit de vie permet au sujet de mieux s’inscrire dans son histoire, celui-ci peut néanmoins développer un certains nombres de défenses à l’égard de son vécu. C’est ici que repose d’ailleurs la difficulté de l’analyse. Il appartient alors au psychologue-chercheur de repérer le caractère pertinent de l’histoire mais aussi des défenses que le sujet y oppose. BIBLIOGRAPHIE : – BERTEAUX D. (2005), Récit de vie : l’enquête et ses méthodes, Edition A.Colin
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