Le cas renault


* Les alliances Pour créer des synergies et de la valeur au groupe, Renault a multiplié les partenariats et alliances. Quelques exemples comme Renault/Volvo, Renault/Matra ou encore AvtoVAZ /Renault peuvent être citées mais l’alliance Renault-Nissan est l’exemple le plus flagrant de la réussite d’une alliance entre deux entreprises. L’alliance Renault Nissan : 10 ans de synergies Nous allons commencer par dresser un historique de l’Alliance : 27 Mars 1999 : L’alliance (collaboration entre deux organisations concurrentes) Renault- Nissan est conclue à Tokyo par Louis Schweitzer et Yoshikazu Hanawa. Il s’agit du premier partenariat de ce type entre une société française et une société japonaise. C’est en Juillet 1998, que Louis Schweitzer et son homologue chez Nissan se sont rencontrés. Ils ont décidé de mener une étude sur 20 sujets communs afin de définir les avantages économiques d’un rapprochement entre les deux entreprises. Cette étude va mettre en avant la forte complémentarité entre les deux entreprises, que nous détaillerons par la suite. L’alliance répondait en fait à un double objectif : – d’un côté, Renault voulait devenir un acteur mondial. En effet, après avoir traversé une période difficile, avec des pertes de plusieurs milliards de francs, l’entreprise française s’est redressée avec l’intervention de l’État (Renault partiellement privatisée) et grâce à l’action menée par deux patrons au fort tempérament Georges Besse et Raymond Lévy. Ces deux hommes ont ainsi permis de par leurs compétences d’assainir l’entreprise et d’améliorer sa production. Ainsi, au moment de la signature, Renault a une structure industrielle solide, une bonne structure de coût, un endettement négatif et, grâce au Scénic (lancé en 1996 et qui a créé un nouveau segment sur le marché) une position enviable dans toute l’Europe. Cependant, sa position reste fragile et elle ne réalise que 15% de ses ventes en Europe. Cette alliance représente donc une formidable opportunité. – de l’autre, Nissan, fortement endettée et voyant sa part de marché se réduire d’année en année, cherchait un partenaire pour injecter des capitaux et lui éviter la faillite; (l’alliance a lieu quatre jours avant la clôture de l’année fiscale japonaise 1998 : fin mars) 1999 : Dans cette Alliance, c’est Renault qui va se révéler moteur, et c’est son Président Louis Schweitzer qui est à la manœuvre. Il prend d’ailleurs une décision très importante en choisissant de recruter un adjoint aux compétences complémentaires des siennes et qui sera apte à lui succéder. Souhaitant améliorer la compétitivité de Renault, il décide de faire appel à un industriel : Carlos Ghosn. Durant cette année là, Renault a pris 36,4 % des parts de Nissan, et a investi 5 milliards d’euros pour restructurer la société nipponne, sous le contrôle de Carlos Ghosn. S’en sont suivis licenciements, fermetures d’usine… Une équipe d’une trentaine de personnes, accompagnée de Carlos Ghosn, est mutée chez Nissan. Ils vont s’intégrer à ce nouveau cadre de travail et aider l’entreprise japonaise à trouver par elle-même des solutions lui permettant de survivre. Ces cadres sont avant tout des spécialistes des questions pour lesquelles Nissan est faible. En contrepartie, Nissan envoie chez Renault des spécialistes de ses points forts. 2000 : création de Nissan do Brasil Automoveis, avec le soutien du réseau Renault et première convention de l’Alliance. Avril 2001 : création de Renault Nissan Purchasing Organisation (RNPO) dans un but de recherche de performance. Il s’agit en fait d’une société d’achat commune qui prend en charge 30% des achats, en ciblant les familles de pièces où le potentiel de gains est le plus élevé. La masse d’achats étant plus volumineuse, le pouvoir de négociation est lui aussi plus important.

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