Le commerce interbranche et intrabranche


support de la production et la « condition nécessaire mais non suffisante » pour qu’un bien devienne exportable. Le marché extérieur n’est que le prolongement du marché national et l’échange international n’est que l’extension des échanges régionaux. D’où le résultat suivant : Plus les pays sont semblables, c’est-à-dire plus ils sont également développés, et plus « la gamme des exportations est identique ou incluse dans la gamme des importables ».Les échanges s’effectuent entre pays semblables et pour des produits comparables ou proches. La « proximité » des pays en termes de développement va leur faire demander des qualités comparables de produits différenciés ; ainsi, comme l’indique Linder, « le champ illimité de produits différenciés (…) rend possible un commerce florissant pour ce qui est virtuellement une même marchandise ». Linder voit dans le commerce de produits similaires entre pays semblables la preuve de la non-pertinence de la théorie des proportions de facteurs ; à ses yeux, l’analyse d’Heckscher-Ohlin peut tout au expliquer les échanges entre des pays très différents comme les pays développés et les pays en voie de développement. L’approche e Linder réussit-elle à se substituer aux approches traditionnelles du commerce international ? Si l’autre commence par essayer d’expliquer la structure des échanges, il finit, en fait, par réaliser un projet très différent. En effet, il s’attache plus à l’explication de l’intensité des échanges croisés entre pays également développe qu’à la nature des biens échangés et à leurs caractéristiques intrinsèques, en dehors du fait qu’ils soient manufacturés. Il devient alors normal que plus les pays sont proches géographiquement et économiquement, plus ils aient tendance à avoir des relations commerciales entre eux ; mais on reste ici dans le cadre d’une explication sur le volume des échanges et non pas sur la nature. Quelles que soient les faiblesses de l’analyse de Linder, force est constater qu’elle a influencé tout un nouveau courant d’analyse qui a développé des approches en termes de concurrence imparfaite.II- La concurrence monopolistique

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Si les consommateurs ont une préférence pour les biens différenciés horizontalement et si chacun d’entre eux a une satisfaction d’autant plus grande que le monde de variétés est élevé, chaque firme va se spécialiser dans une variété. On se trouve alors dans la situation de concurrence monopolistique décrite par CHAMBERLIN, un très grand nombre d’entreprises produisant des biens spécifiés et ayant, chacune, une situation de monopole pour la variété produite. Dans ce cas ; l’échange international apporte un gain à tous les consommateurs, même si les pays sont totalement semblables en termes de coûts et de prix d’autarcie. Nous montrerons cela sur un exemple. 2-1- Prix et production d’autarcieA- la demande

8 Bernard GUILLOCHON ; « Economie Internationale », 3ième édition ; DUNOD, 2001 ; pages 130 à 134.

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