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C H A P I T R E 2
Conduire l’entretien
a scène se déroule à l’occasion de l’un des premiers entraînements réservé aux nouvelles recrues du Mossad1…
« Il était près de 16 h 30. Un des instructeurs se tourna vers moi et me demanda : « Tu vois ce balcon, là-bas ? Tu as trois minutes pour réfléchir. Ensuite, je veux que tu entres dans cet immeuble, et six minutes plus tard, pas plus, je veux te voir avec le propriétaire ou le locataire sur le balcon, un verre d’eau à la main. Là, j’eus vraiment peur. Nous n’avions pas nos cartes d’identité, ce qui est illégal en Israël. En outre, nous devions utiliser notre faux nom, quoi qu’il arrive. Et si nous avions des démêlés avec la police, nous devions leur raconter l’histoire que nous avions choisie comme couverture. Que faire ? Il fallait d’abord découvrir quel appartement correspondait au balcon. Après une longue hésitation, je déclarai à l’instructeur que j’étais prêt. – Quel est ton plan dans les grandes lignes ? me demanda-t-il. – Je fais des repérages pour un film, répondis-je. Nos instructeurs mettaient toujours l’accent sur la spontanéité, mais ils voulaient aussi que nous ayons un plan de base et qu’on ne se dise pas : “Advienne que pourra !” ».
Pour l’anecdote, la nouvelle recrue réussit à convaincre le propriétaire. Le parallèle ec le message de ce chapitre est évident : le vendeur, lui non plus, ne doit pas mpter uniquement sur sa spontanéité pour mener ses entretiens. Le « talent » ne
Extrait du livre de Victor Ostrovsky et Claire Hoy, Mossad : un agent des services secrets israé- liens parle, Presses de la Cité, 1990.