LES EXPERTISES
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➤ Les différents modes d’organisation des achats
Bien malin celui qui peut définir une organisation idéale des achats. Là comme ailleurs, le mode d’organisation dépend des objectifs à atteindre, de l’histoire et des hommes en place. On peut tout de même identifier quelques tendances lourdes.
D’abord, symbole de son importance croissante, la fonction achats, jadis dépen- dante des directions industrielles ou financières, se trouve désormais fréquemment rattachée au PDG en central, au directeur de site en local.
Ensuite on observe l’existence de plus en plus fréquente d’un échelon central fédéra- teur. Dans les entreprises très décentralisées, les achats sont bien souvent, avec la finance, la seule fonction à être présente au siège. Et à l’occasion de fusions-acquisitions ou de simples alliances entre entreprises, les achats se retrouvent systématiquement au nombre des domaines de coopération prioritaires afin de dégager les fameuses « syner- gies » promises aux actionnaires. Renault n’a beau posséder que 42 % de Nissan, leur centrale d’achats commune RNPO (Renault Nissan Organization Purchasing) effec- tue 70 % des achats depuis 2006.
En central, les acheteurs ont pour mission d’appréhender les marchés fournisseurs au niveau global (le fameux marketing d’achat), de fédérer les démarches entre unités,
Secteurs peu concurrentiels
Secteurs fortement concurrentiels
Rôle de l’acheteur reconnu comme crucial
Rôle émergeant de l’acheteur
Plus la pression économique sur l’organisation est forte, plus puissants sont les acheteurs
• Culture d’acheteurs essentiellement administratifs • Achats vus comme opportunité de tenir budgets ou d’augmenter les marges sans licenciement
• La compétitivité de l’entreprise est liée à celle de ses fournisseurs • Pression constante sur les prix
Figure 7.3 – La mutation du rôle des acheteurs