LES EXPERTISES
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➤ Grandeurs et frustrations de l’acheteur
En conclusion à cette présentation synthétique du métier et des techniques d’achats, difficile de résister à la tentation de comparer schématiquement les métiers d’ache- teur et de vendeur… On l’a vu, le métier d’acheteur est moins centré que celui de vendeur sur la négo- ciation : il comporte des aspects marketing, stratégique mais aussi techniques et – trop souvent à leur goût – administratifs.
☞ Un bon acheteur est un homme multi-compétences qui doit être apte à endosser le rôle de chef de projet.
Comparé au métier de commercial, un acheteur vit des situations moins extrêmes, moins fréquemment : bien qu’emblématique de sa fonction, la négociation ne repré- sente qu’un des multiples aspects de son travail. Et surtout il ne « perd » pas ou ne « gagne » pas des affaires. Il les réussit plus ou moins bien. Et s’il est un bon profes- sionnel, qu’il cherche constamment à s’améliorer, il aura toujours la lancinante impression qu’il aurait pu et dû mieux faire… Et s’il n’a pas lui-même cette impres- sion, sa hiérarchie se chargera de la lui insuffler en lui demandant de faire davantage d’économies la prochaine fois ! Moins d’échecs cinglants donc que le vendeur, mais peu de grandes victoires mémo- rables. L’acheteur ressemble à un coureur de fond qui ne connaît peu ou pas les effets grisants des « exploits » des vendeurs. Est-ce à dire que le métier est plus frustrant ? Du point de vue des commerciaux, sans aucun doute !
Le cas particulier des achats publics ➤ Les principes clés des marchés publics
Tout le faisceau législatif contenu dans le Code des marchés publics a en fait pour objectif quasi exclusif de s’assurer de l’application de trois principes clés contenus dans l’article 1er du Titre 1 de ce document : – liberté d’accès à la commande publique, – égalité de traitement, – transparence des procédures. Ce sont des règles, elles-mêmes destinées à garantir « le choix de l’offre économi- quement la plus avantageuse ». Comparé aux achats de droit privé, la principale différence de principe réside donc dans l’objectif déclaré de « libre accès ». En effet, on est tout aussi en droit d’attendre d’un acheteur industriel qu’il retienne l’offre la plus avantageuse en suivant une procédure claire et équitable (même si on ne lui réclame pas autant de traces écrites