Le realisme en peinture au xixème


Le réalisme, partisan d’une reproduction exacte, complète, sincère, du milieu social de l’époque, débouche sur l’impressionnisme. Édouard Manet est souvent considéré comme le peintre réaliste le plus inventif après Courbet., il rallie autour de lui cette jeune génération, bien décidée à emprunter ses sujets à la vie moderne, et à proposer une nouvelle approche du réel. Comme Courbet, Manet est très attaché à ses modèles, et les représente avec une rigoureuse fidélité. Pour exprimer picturalement ce qu’il voit, Manet met au point une technique originale : tandis que Courbet peint sur un fond sombre traditionnel et progresse lentement vers les couleurs claires, Manet peint sur un fond blanc à l’aide de tons locaux clairs, dans lesquels il introduit des tons sombres pour obtenir les ombres. Cette technique nouvelle, appelée peinture claire, relève d’une pure observation, Manet rapportant sur la toile les tons qu’il perçoit dans la nature et les juxtaposant sans se soucier des valeurs traditionnelles ou d’une utilisation des fonds ou des glacis. Il abandonne aussi toutes les idées admises et les techniques du dessin dans sa recherche d’une méthode optique. Comme les peintres de Barbizon, les impressionnistes puisent leur sujet dans le spectacle de la nature. En revanche, ils ne sont pas hostiles à la vie urbaine et glorifient la modernité. Leur peinture, qui veut saisir l’instant, offre un nouveau langage pictural, tout en héritant des leçons du réalisme. Travaillant « sur le motif », comme souvent les peintres de l’école de Barbizon et certains paysagistes anglais, ils poussent très loin l’étude du plein air. Leur style est particulièrement propice à la représentation de scènes dans lesquelles les relations spatiales peuvent être mieux rendue par des nuances atmosphériques que par des schémas perspectifs. Les peintres s’intéressent avant tout à la lumière sur les objets, ils restituent directement leurs perceptions visuelles à l’aide de petites touches colorées, fragmentées, et s’inspirent des théories scientifiques de l’époque, relatives à la perception optique de la lumière et de la couleur. Lorsque Pissarro représente un paysan chargé d’un lourd fardeau, il intitule son tableau Gelée blanche (1873), signifiant ainsi une certaine distance entre l’objet et sa représentation. Certains peintres impressionnistes continuent de porter un regard aigu sur la vie ouvrière. Edgar Degas restitue l’instantanéité de la vision dans des scènes de champ de courses, de danseuses ou de spectacles nocturnes et porte sur la misère humaine un regard sans concession (L’Absinthe, Les Repasseuses – 1882 1883). Gustave Caillebotte, qui a le goût de la précision documentaire, peint des Raboteurs de parquet, des Peintres en bâtiment, Toulouse-Lautrec saisit d’un œil incisif des prostituées dans leur intimité. L’impressionnisme reflète également la modernité, Claude Monet peint

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