La tragédie a une foncton de catharsis (= en grec, mot médical = purgaton). « La tragédie apaise le tempérament plus ou moins émotf du spectateur par des émotons contrôlées » : « la tragédie doit imiter des faits qui suscitent la crainte et la pité ». Pour cela (compléments dans Le théâtre, Marie- Claude Hubert, Colin, p.102), le héros « tombe dans le malheur non à cause de sa méchanceté et de sa perversité, mais à la suite de l’une ou l’autre erreur qu’il a commise. » (Poétque, Budé 1961 p.46- 47 et Hubert p.102)
3. La fatalité, essence du tragique
Ajoutons à Aristote que les Grecs croyaient au Destn, force mystérieuse et toute puissante (« moira » ou « anankê ») à laquelle l’humanité, l’univers et les dieux eux-mêmes étaient soumis. L’ « erreur » du héros (Aristote) était souvent, dans le théâtre grec, voulue par le destn. Ex. Un oracle avait annoncé à Œdipe son destn. L’essence du tragique est donc la lute héroïque, mais vouée à la défaite, de l’homme contre la fatalité.
4. Règles de la tragédie classique en France
Elaborées <= Aristote. Mais les dramaturges du XVIIe s n’y voient que des directves, qu’ils choisissent parfois de ne pas suivre, pour les besoins de la scène.
Racine Préface de Bérénice. « La principale règle est de plaire et de toucher : toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cete première. »
Néanmoins, <= environ 1640, s’impose la règle des trois unités : de lieu, de temps et d’acton.
Résumée à postériori par Boileau, Art poétque, III. « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli tenne jusqu’à la fn le théâtre rempli. »
Unité d’acton (<= Aristote) : une seule intrigue principale (les autres ne peuvent être qu’accessoires.) Corneille la défnit dans la tragédie comme « l’unité de péril, soit que le héros y succombe, soit qu’il en sorte. » Les intrigues secondaires, s’il y en a, doivent entretenir un lien étroit avec la principale. S’il y a deux périls, il faut, pour que l’acton soit unifée, que « de l’un, on tombe nécessairement dans l’autre » (Corneille).
[Complément. Défniton de Scherer, 1966. Dans Colin, M.C Hubert, p.57]
Unité de temps : l’acton de la pièce se déroule dans la limite de 24h ; pour certains théoriciens même, seulement du lever au coucher du soleil.
Unité de lieu (pas chez Aristote). Pour certains, ce « lieu unique » est tout l’espace que peut embrasser le regard ; pour Racine, un lieu plus circonscrit – l’intérieur d’un appartement dans un palais, ou une antchambre.
Problématque : les unités : artfce ou mise en valeur du tragique ? [cf. L théâtre, problématques essentelles, Profl p.71 à 73]