Lecture analytique – au revoir là-haut pierre lemaître chapitre 3

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Lecture Analytique – Au Revoir là-haut Pierre Lemaître Chapitre 3

Introduction : Quelques mots sur l’auteur… Juste après la PGM, Albert et Edouard sont vétérans et tente de survivre dans une société où ils n’ont plus leurs places, Edouard car il est une gueule cassée et Albert qui a perdu son emploi, pour survivre ils mettent en place une escroquerie où ils vendent à des mairies des projets de monuments aux morts pour lesquels ils encaissent les acomptes. À la fin ils projettent de partir dans les colonies mais Edouard se suicide et seul Albert ira au Liban. Edouard sur le champ de bataille essaie de sauver un soldat a demi enterré dans un trou d’obus. Il parvient à sauver Albert mais il est défiguré par un éclat d’obus.Problématique : Comment Lemaître modernise-t-il une scène classique d’un roman de guerre ?

I.

Une progression narrative tragique

a. Une narration minutieuse

On suit pas à pas le sauvetage, dans ces premières actions le lecteur à des repères avec des liens logiques entre les mots (« continue » mène à « achève »), et même des reprises de vocabulaire (« dégager » et « corps »). Le schéma narratif du sauvetage est clair mais l’auteur entretien une surprise puisque le sauvetage ne correspond pas à la fin du chapitre. Il créé une chute qui modernise le récit. Il emprunte des techniques propres aux scénarios des séries. Un point de vue interne à travers Edouard, le lecteur est limité à ce que ressent le personnage mieux à ce qu’il refuse de ressentir. Ligne 1 à 3 : Edouard voit apparaître la tête mais il balaye sa réaction par une interrogation sur l’identité du soldat comme s’il voulait repousser la vision horrible. De la même façon le narrateur utilise des verbes d’état qui donnent l’apparence d’une neutralité. Exemple : Ligne 11-12 « il y a une tête de cheval mort » ; ligne 4 « il est mort » ; ligne 68 « il est debout ».

b. Montée de l’intensité dramatique


 L’acte d’Édouard semble désespéré, premier constat « il est mort » (L4) mais

après l’affirmative une interrogative de l’espoir « est-ce qu’il est mort ?» (L37) puis à nouveau la fin semble réelle (L73) puis à nouveau le sauvetage est réussi (L77)

 Le tragique domine le passage : champ lexical de la mort, « mort » utilisé 11

fois dont trois fois entre les lignes 4 et 7, « corps » utilisé 2 fois et « crevé » (L84) ; champ lexical de la souffrance « douloureuse » (L4), « un mal immense, immense » (L8), « achève » (L31), « pleurant » (L9), « il pleure » (L22), « pleurant comme un veau » (L19) ; on atteint un sommet (apogée ou paroxysme) L66 avec une gradation la fin tragique est confirmée à la ligne 73- 74 « Le craquement est sinistre, des côtes écrasées, brisées » il s’agit d’une paronomase c’est-à-dire des sons proches qui imite le bruit des os qui se brisent, le lecteur a à la fois une représentation visuelle et auditive de la scène.

II.

Des choix qui donnent une intensité à la scène

a. Ce que nous apprend le point de vue interne sur Édouard

 Beaucoup de passage au discours indirect libre : L11 à 33, L55 à 60 pour

comprendre 2 sentiments en même temps la peur de mourir et la honte d’être celui qui est toujours vivant et qui pourtant à toujours peur. LE choix de ce discours permet au lecteur de comprendre la réaction d’Édouard à la fin, il se dresse « droit comme un « I » » car en sauvant Albert il a vaincu sa peur et sa honte.

 Lemaître utilise un style oralisé, du langage parlé comme « il s’appelle

comment déjà ?» (L3), « ça » au lieu de « cela » tout cela permet au lecteur de s’identifier au personnage et de rendre aussi l’évènement plus vivant comme s’il participait au sauvetage.

b. Un narrateur qui prend part à la scène

 Le narrateur appel le lecteur à réagir il l’interpelle « vous » (L55), « vous

avouerez » (L80)

 Il forme un groupe avec son lecteur : utilisation de « on » ligne 47 à 49

 Il se met à notre place en nous faisant même parler, il nous met en scène

ligne 47 à 51

 Il juge le personnage, critique ses actes et son comportement (L41-42), les

évènements (L88) « c’est quelque chose »


 Il a le mot de la fin L97, il se comporte comme un moraliste comme si tout ce

qu’il c’était passé avant dans le chapitre devait conduite à cette sentence. La force de la phrase est d’être nominale.

III.

Conclusion La scène de sauvetage est un thème assez classique (cf. Le Colonel Chabert de Balzac) mais Lemaître actualise sont récit en créant une sorte de triangle entre le narrateur, le personnage, et le lecteur en jouant sur la mise en valeur du point de vue interne et sur une intensité dramatique. On retrouve ce parti pris dans tout le roman comme le montre des trois premiers chapitres qui raconte le même évènement à travers trois personnages (Albert, Pradel, Edouard).

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