les cahiers de prothèse no 161 mars 2013 7
Si la pérennité du traitement est for- tement tributaire de la qualité de l’ad- hésion des prothèses, il faut aussi prendre en considération les prépa- rations, le concept occlusal et ses ajustements car les forces de cisaille- ment sont considérées comme délé- tères pour les joints adhésifs [35]. Pour cette raison, des contacts de groupes dans les mouvements excur- sifs ont été recherchés ainsi qu’un mini- mum d’espace postérieur du côté non travaillant. L’équilibration en fin de traitement a été réalisée en appliquant la technique décrite par Fillastre [36] et qui consiste à remonter des moulages fractionnés sur articulateur pour rechercher une équilibration optimale. La dynamique masticatoire a été étudiée pour éva- luer les cycles entrants et sortants, puis les angles fonctionnels masticatoires de Planas ont été égalisés de manière à favoriser une mastication unilatérale alternée [37] (fig. 27 et 28). Concernant le comportement du matériau céramique, le disilicate de lithium allie performances mécaniques, capacité d’adhésion et qualités optiques [38].
La possibilité d’en faire une utilisa- tion soit monolithique, soit totalement ou partiellement stratifiée induit de la simplicité et de la cohérence dans la réalisation de ces travaux.
Conclusion
Les thérapeutiques adhésives sont de plus en plus utilisées pour de nom- breuses et bonnes raisons, mais elles ne peuvent pas faire l’objet d’une sim- plification des protocoles à outrance car cela mènerait à de nombreux échecs. En effet, pour ces situations extrêmes, le succès thérapeutique est totalement lié à la pérennité du joint adhésif. Ces techniques peuvent sembler complexes mais lorsqu’elles sont cor- rectement mises en œuvre, c’est une réelle satisfaction pour le praticien et le patient. Elles répondent au gradient thérapeutique décrit par Tirlet et Attal [39] car, dans le cas d’un échec ou d’un aléa, il est toujours possible de renouveler l’assemblage de la pièce prothétique, de refaire une nouvelle pièce de céramique ou bien encore de se diriger vers l’option plus conven- tionnelle avec rétention mécanique. I
Remerciements Les auteurs remercient chaleureuse- ment le laboratoire Créadent (Grabels, 34) pour l’excellence de la réalisation technique. Le couple praticien-prothé- siste est absolument déterminant pour le succès de cette thérapeutique. Ils remercient également le professeur Jacques Margerit pour son soutien bibliographique ainsi qu’au study group
du Flap pour ses critiques constructives, à retrouver sur www.leflap.com.
Sébastien Felenc – Chirurgien-dentiste, exercice libéral Ancien assistant à la faculté de Montpellier CES biologie buccale CES prothèses fixée CES parodontologie DU implantologie faculté de Marseille
Josselin Lethuillier – Chirurgien-dentiste, exercice libéral Ancien interne des hôpitaux Ancien assistant à la faculté de Montpellier CES biologie buccale CES prothèse fixée DU parodontologie- implantologie de Montpellier Attaché hospitalier
Maxime Jaisson – Docteur en chirurgie dentaire Ancien assistant hospitalo-universitaire dans la sous- section 58-02 prothèse de l’URCA Master de biomécanique Attaché d’enseignement dans le master biomécanique-biomatériaux-biomédical, URCA
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S. Felenc, J. Lethuillier, M. Jaisson
fig. 26 – La vitrocéramique offre un traitement de la lumière très proche de celui de l’émail.
fig. 27 – Équilibration des moulages par la technique de Fillastre.
fig. 28 – Excursion en latéralité droite.