Lettre de l’Abondance n°1 – Juin 2016
Le grand saut en Soi est acceptation inconditionnelle d’un effondrement des repères anciens, d’un dépouillement de la personnalité et d’une nuit noire de l’ego qui, à terme, placent chacun dans un espace de silence primordial duquel, peu à peu, émerge un son qui va remplir le cœur de joie, de paix, d’inébranlable certitude, d’évidence. Ce saut est un acte d’amour envers Soi, assurément le plus grand, le plus puissant d’entre tous. Lorsque nous cessons de lutter contre ce qui vibre au plus profond de nous, de nous dissimuler derrière la muraille d’un mental qui se débat continuellement pour sa survie, lorsque, las, nous abandonnons notre quête illusoire de reconnaissance extérieure, lorsque nous nous autorisons enfin à entendre notre voix intérieure au lieu de nous laisser assourdir par celle des autres, alors nous pouvons entrer dans la danse de l’incarnation au rythme de la partition écrite pour nous et par nous, de toute éternité. Faire le grand saut en Soi, c’est accepter, l’espace d’une seconde, d’affronter la somme de toutes nos peurs, doutes, limitations, conventions et barrières avec la certitude de mourir. Et prendre conscience, l’instant d’après, que ce saut à travers le filtre de la mort apparente nous a, en vérité, projetés dans la toute puissance de la Vie. » ******* «Le poids du conditionnement écrase une grande partie de l’humanité, annihilant tout accès à sa véritable nature et la privant d’exprimer son Essence profonde. Beaucoup croient encore que la réalisation de soi est liée à l’affichage d’une certaine réussite, à l’accession à un statut dont la pertinence est validée par la reconnaissance extérieure. Cependant, le fait de susciter l’envie ou l’admiration chez autrui ne renseigne en rien sur notre degré de réalisation intérieure. Quand bien même cette admiration porterait sur nos supposées qualités spirituelles… L’ego se délecte d’ailleurs de notre tendance à tomber dans ce piège tendu par lui, afin de nous ralentir dans notre quête de la réalisation de notre Être. La somme de tous nos renoncements et dénis, tel un carcan, nous emprisonne dans des rôles que nous jouons contre notre gré, en nous pliant comme de tristes automates au conformisme ambiant, transmis de génération en génération. Juste pour être acceptés, intégrés, considérés, admis, prétendument respectés. Juste pour être le moins mal aimés possible, dans un monde qui nous a appris, parfois avec violence, à dissimuler ou bâillonner notre voix intérieure.
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