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À bout de souffle et par peur, j’ai quitté mon emploi de manager des ventes dans une grande enseigne de luxe en décembre 2012. Ma mère m’a offert le premier livre de Lilou et je dois dire que je m’en suis beaucoup inspirée.
Aussi, le 1er janvier 2013, me voilà inscrite sur le site du Défi des 100 jours. Je me suis laissé trois mois pour trouver le job de ma vie… et guess what ? Je ne m’y attendais pas du tout, mais la vie m’a portée sur un chemin qui m’a ouvert les yeux sur bien plus que le fait de trouver un job. Rapidement, j’ai proposé mes services comme bénévole dans une association pour défendre les enfants. Je me suis rapprochée de ce que j’aimais faire et ce que je savais faire. Ayant travaillé avec les enfants depuis que je suis toute jeune, je me suis dis que je pourrais leur être utile. Très rapidement, tout s’est enchaîné. C’était hallucinant. Comme si, ça y est, la vie était facile, légère, elle me souriait et tout “s’emboîtait” !
Je suis intervenue dans des écoles maternelles pour mettre en place des ateliers d’initiation à l’anglais (ayant vécu un an dans un pays anglophone, cela me paraissait possible). De file en aiguille, j’ai cherché des méthodes, des jeux pour retenir l’attention des enfants et faciliter leur apprentissage. Je rencontrai alors tout un tas de personnes qui m’ont aidée et m’ont permis d’accéder à des formations auxquelles en temps normal je n’aurais pas eu droit. J’ai vécu des moments de partage fort avec des gens que je ne connaissais même pas. J’ai appris à me reconnecter à la vie, à voir avec de nouveaux yeux, entendre avec de nouvelles oreilles et sentir avec un cœur ouvert de l’intérieur vers l’extérieur. J’étais dans un monde d’apparence, où le luxe et l’argent sont les moteurs des entreprises pour lesquelles je travaillais. Je n’étais pas à ma place et je n’ai pas voulu le voir. La vie m’a donné maintes fois des signes pour me mettre sur la voie, mais je n’ai pas su entendre.
Aujourd’hui, je suis toujours bénévole comme conteuse dans les bibliothèques de ma ville. Je mène désormais des ateliers de pleine conscience pour les enfants de 4 à 12 ans, le but étant de les ramener au moment présent pour qu’ils arrivent à nouveau à se recentrer sur eux, par le jeu et la joie. Une petite grenouille m’accompagne et on part dans des aventures au cours desquelles on redécouvre ensemble ce qu’est le souffle, la pensée, l’émotion, des choses très basiques me direz-vous… Oui, mais des choses qui m’ont sauvé la vie.