Lorenzo Pancino 2019 – Tous droits réservés.
Mon destin n’était pas tout tracé, pourtant, et mes perspectives de succès, moins évidentes encore. Je me suis longtemps cherché, persuadé de n’être bon à rien. Focalisé sur mes incompétences, mon absence de diplôme, mon manque de culture, j’avais fini par admettre que j’étais un incapable. Jusqu’à quatorze ans, je me suis coltiné une voix de fillette et, bien plus longtemps encore, mon lot de complexes. Et pourtant, ça ne m’a pas empêché de devenir animateur sur les plus grosses radios et TV nationales et un comédien voix off reconnu ! Feignant, je stagnais en rêvant de voir mon nom sur les affiches… et j’ai fini par inventer une machine en ligne qui gagne de l’argent pour moi, même quand je dors ! Tous les psys le disent : la paresse, ça n’existe pas. On a tous soif d’apprendre. On a tous envie de prouver sa valeur. On a tous l’énergie de faire. Quand on n’arrive pas à s’y mettre, ce n’est pas la flemme ; ce sont des blocages, des mauvaises excuses qui nous plombent. Au fond de moi, je sentais que j’avais un don, des compétences mais je ne savais pas encore lesquelles. Mais quand je mettais ce don en balance avec ces autres compétences – ces qualités qu’on dit “sérieuses” – ma confiance en moi vacillait. Études supérieures, connaissances soutenues, auteurs intellectuels, arts majeurs… j’avais prudemment ignoré tout cela. Je m’étais calfeutré dans un petit monde confortable. Une espèce d’échelle de valeurs était installée dans ma tête. Pas question d’y grimper. Je faisais semblant de ne pas la voir. N’empêche que je faisais de grands détours pour ne pas passer dessous… En fait, cette échelle de valeurs était posée en travers, dans ma tête. Elle faisait barrière entre moi et le monde. Heureusement, j’avais un grand rêve et un petit don. Je me suis