Lorenzo Pancino 2019 – Tous droits réservés.
pas, je n’osais pas. La vieille échelle des valeurs s’est de nouveau dressée pour faire barrière entre moi, fanfaron fantaisiste, et le monde très sérieux de l’entrepreneuriat. J’ai hésité, longtemps. Quand je me suis lancé, c’était sur un coup de tête : “Capable de tout sauf de monter sa propre boîte, Lorenzo ? Alors là ! on va voir ce qu’on va voir ! Yalla !” Comme un gamin, je voulais tout faire tout seul. J’étais pressé et sans méthode. En fait, petit, on ne veut pas “apprendre”, on veut savoir, tout de suite. On a hâte d’aller à l’école pour apprendre à lire et on rentre déçu, le soir du premier jour de classe, parce qu’on ne sait pas lire… J’ai appris que je ne savais pas. Il a fallu transformer l’essai. Reprendre, patiemment, tout le processus : y croire, trouver la confiance, travailler. Au pied du mur, je me suis à nouveau lancé le challenge, comme quand je voulais voir mon nom sur une affiche. Cette nouvelle affiche, c’est moi qui l’ai composée, tout seul, avec mon expérience, en couleurs. J’ai réussi à la coller tout en haut du mur ! Elle proclame : SI TU AIMES CE QUI BRILLE, SUIS TON ÉTOILE ! Il n’y a, là-haut, rien de magique. Il suffit de garder, écarquillées, ses facultés d’émerveillement. Garder l’esprit ouvert à soi-même, la capacité de croire en soi sans se juger par rapport aux autres. On y gagne la confiance qui donne la force d’y travailler. Moi qui me croyais feignant, j’ai bossé sans vraiment m’en apercevoir, tant je me suis éclaté. Aujourd’hui, je peux apprécier la vraie paresse, la détente agréable, sans culpabilité, pendant que mon dernier projet, rondement mené, travaille pour moi. Je ne tire pas de gloire particulière à avoir réussi.