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Un fait n’est pas raconté: comment la femme de peine a fait disparaître le cadavre du cancrelat p.119 « c’est que vous n’avez pas besoin de vous faire du souci pour la chose à côté, c’est déjà réglé ». Cette ellipse laisse à penser toutefois au lecteur que Gregor a été évacué avec les ordures ménagères. Les thèmes: * Le thème principal est le titre même du roman, la métamorphose: celle d’un être humain en un cancrelat. C’est un thème fantastique couramment traité en littérature. Dans le livre, ce n’est pas une illusion, une rêverie, mais la transformation réelle d’un homme en une vermine. Gregor Samsa perd peut à peut sa place parmi les hommes car il ne peut pas communiquer. Il est devenu un animal avec ses caractéristiques propres, tout au long du récit, il pense de moins en moins. Le texte par endroits est d’un réalisme frappant quand il nomme par exemple la saleté de la chambre de Gregor: « la substance collante que sécrétaient ses pattes » ou « le liquide brunâtre [qui] lui sortait de la bouche [et] coulait goutte à goutte sur le sol ». * Un autre thème est important, mais sous-jacent, à caractère psychologique et autobiographique. Gregor est celui qui ne peut plus être aimé et qui ne peut plus aimer. A travers ce récit, Kafka exprime toute l’ambiguïté des sentiments qu’il ressent pour son père, notamment la haine qu’il nourrit envers lui et l’ensemble de sa famille. En octobre 1912, peu de temps avant d’écrire la métamorphose, Kafka écrivait à Max Brod « Je les hais tous à tour de rôle » De plus, le père de Kafka avait coutume de dénommer « vermine » l’artiste juif Löwy avec lequel F.Kafka était lié d’amitié. Et comme le nom de Gregor Samsa est manifestement calqué sur celui de Kafka, le caractère autobiographique ressort nettement. * D’autres thèmes sont aussi évoqués: La satire de la petite bourgeoisie attachée à son confort, enracinée dans ses habitudes, La critique de l’exploitation capitaliste « Ah mon dieu, quel métier exténuant j’ai donc choisi, […] le diable emporte ce métier ! » (p.25 – 26) où Gregor se plaint de ses conditions de travail. De même de la p. 36 => 40 nous voyons la sévérité avec laquelle sont traités les employés de la maison de commerce. Gregor n’a jamais été absent en cinq ans, néanmoins, dès qu’il l’est, il est menacé de licenciement et les reproches pleuvent (manque de rentabilité, voire accusation non fondée de malversation…).