« METHODOLOGIE – COMMUNICATION – NEGOCIATION » M. SEMOU. DIOUF
THEME : L’APPROCHE SYSTEMIQUE
1) PAR RAPPORT AUX PREMIERS MODELES
Les premiers modèles considéraient la communication comme un transfert d’informations (constituant un
message) d’un émetteur vers un récepteur, à partir d’un code commun (et donc d’une opération d’encodage et de décodage). L’approche systémique va complexifier ce modèle de base. Elle résulte d’un courant de recherche qui s’est développé, juste après la seconde guerre mondiale, aux États Unis. Quelques hypothèses de base fondent la spécificité de l’approche systémique : 1) La communication est un phénomène interactif dans lequel l’unité de base est moins l’individu que la
relation qui s’instaure entre les individus ;
2) La communication ne se réduit pas au message verbal mais que tout comportement social a une valeur
communicative ;
3) La communication est déterminée par le contexte dans lequel elle s’inscrit = le rapport reliant les
personnes, le cadre et la situation.
2) LA PRIMAUTE DE L’INTERACTION
Le phénomène central de la communication, c’est l’interaction, c’est-à-dire le jeu d’actions et de rétroactions qui va se développer entre les protagonistes. Ainsi, la communication est un processus dynamique (constitué d’interactions), une co-construction progressive dont aucun des interlocuteurs n’a la maîtrise ; elle découle moins de l’individualité de chacun que de la relation qui les unit ; c’est un enchaînement d’actions et de rétroactions obéissant à certains mécanismes psychologiques et à certaines règles portées par le contexte. Exemple de la « Scène de ménage » : indépendamment des protagonistes, il y a une sorte d’« escalade symétrique » qui fait que chaque agression de l’un crée une surenchère agressive chez l’autre.
3) L’IMPORTANCE DU CONTEXTE
C’est un cadre symbolique qui est porteur de normes, de règles, de modèles et de rituels d’interactions.
Exemples : • de normes : garder le silence dans une salle d’attente, d’engager la conversation dans une réception.
• de règle : parler chacun à son tour, saluer quelqu’un.
• De rituel : clore la conversation d’un commun accord.
C’est aussi le rapport qui relie les interlocuteurs (parents / enfants ; vendeurs / clients, etc.), chacun
occupant un rôle spécifique défini par un certain modèle de conduite et des normes de comportement.
Le contexte renvoie à la situation d’interaction entre les acteurs. Cette situation implique un scénario plus
ou moins précis et préétabli et plus ou moins prescrit du déroulement de l’interaction.
4) LA VALEUR COMMUNICATIVE DU COMPORTEMENT
Tout comportement tend à exprimer quelque chose. Ceci constitue un des axiomes de l’Ecole de Palo Alto : « on ne peut pas ne pas communiquer ». En situation de co-présence, il n’y a pas que la parole qui transmette des informations : les gestes, les mimiques, la posture, la tenue ont également une valeur expressive. Il y a donc plusieurs modes de communication :
La communication verbale : appelée « langage digital » (Palo Alto), elle est rationnel et se construit à partir
de signes (les mots),
La communication non verbale ou « langage analogique » (Palo Alto) : affectif ou imagé, il utilise des figures
et des symboles.